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ÉCRIRE - Écriture et Représentation

Mis à jour le 29 septembre 2016

Direction : Bertrand Vibert

Créée en 1991 sous l’intitulé É.CRI.RE (Étude de la CRIse de la REprésentation), l’équipe regroupe des spécialistes de langue, de littératures française et francophones, de littérature comparée.
Les enseignants-chercheurs travaillent sur la vaste période qui court de 1850 à nos jours et sur la ou les crises de la représentation : crises de la démocratie parlementaire, lente fin du modèle rhétorique, émergence de la notion même de « littérature », avec la naissance des media de masse et la contre-structuration du champ littéraire, mais aussi l’appropriation de nouveaux media par certains auteurs (notamment en poésie), remise en question des « grands récits » du monde occidental.

La crise de la représentation est aussi linguistique : conscience toujours plus vive d’une faille qui séparerait le langage et le monde, faille dont témoignent le renouvellement des catégories de prose et de langue littéraire et les révolutions poétiques, pouvant aller jusqu’au rejet plus ou moins radical de la langue commune.
Deux directions renouvelées ou pour partie nouvelles seront privilégiées pour le quinquennal : les poétiques de la relation et la notion de contemporain.


Poétiques de la relation

Fidèle à son objet d’étude, ÉCRIRE s’intéressera en particulier aux ruptures – ou aux fausses ruptures – entre « modernes » et « antimodernes », « modernité » et « postmodernité », « avant-gardes » et « arrière-gardes ».
L’équipe orientera désormais également ses recherches vers les « poétiques de la relation » – pour emprunter librement une célèbre formule d’Édouard Glissant.

Les membres de l’équipe mettront en effet la littérature française, envisagée sous toutes ses formes, y compris les moins canoniques, en relation avec d’autres pratiques ou d’autres réalités culturelles qui entrent ainsi en dialogue avec le patrimoine aussi bien qu’avec la création la plus contemporaine. Les textes littéraires seront ainsi confrontés à ce que l’on appellera l’en deçà ou l’à côté de la littérature : la langue ou la rhétorique, qu’il s’agisse d’opposer comme Paulhan la « rhétorique » et la « terreur », de décrire la constitution de langues littéraires, d’analyser la notion de « style » comme pratiques individuelle ou collectives. Cet en deçà du texte renvoie également au développement de la génétique textuelle, orientée à la fois vers les questions éditoriales (publications imprimées ou numériques) et vers l’analyse des processus de création (en relation avec la Maison de la Création qui se met en place sur le campus de l’université).

L’étude de la relation avec les autres littératures de langue française, qu’elles se situent en Amérique du Nord, au Maghreb, en Afrique ou en Asie se renforcera. Ces dernières années, en accord avec la politique générale de l’université, une plus grande place a été accordée à la francophonie comme ensemble à la fois unifié par la langue et divers par la culture (mais on pourrait tout aussi bien dire, dans de nombreux cas, divers par la langue et uni par la culture). De telles recherches entrent en relation avec la Fondation Plurilinguisme et Francophonie qui a été créée au sein de notre université en janvier 2014 et avec l’Agence Universitaire de la Francophonie.

Cette ouverture vers les altérités culturelles, trouve dans le développement du comparatisme une expression évidente, qu’il s’agisse de travailler, par exemple, sur les réécritures de l’Antiquité ou sur les récits de voyage en Europe et dans le monde. En travaillant avec les spécialistes de littérature française et de littératures francophones qui regardent plutôt vers les « suds », les comparatistes développeront leurs recherches consacrées aux différentes cultures de l’Est de l’Europe (Pologne et Russie en particulier), ÉCRIRE vise à étudier les intenses circulations littéraires internationales qui se sont développées depuis le milieu du XIXe siècle.

Enfin, au-delà de corpus strictement littéraires, la littérature française sera interrogée dans ses rapports avec l’ensemble des pratiques artistiques et les sciences humaines. La peinture, la musique, l’opéra, ou encore le théâtre et le cinéma en collaboration avec CINESTHEA constitueront des domaines privilégiés de la recherche.
C’est en ouvrant la littérature française sur d’autres champs du savoir et sur d’autres pratiques que l’on aura toutes les chances de montrer l’intérêt d’une approche littéraire des faits de société et de penser une forme cohérente et souple de pluri- voire d’interdisciplinarité.


De qui suis-je le contemporain ?

Dans le cadre d’une interrogation sur le « moderne », ÉCRIRE ne pouvait manquer de se poser la question. Si être contemporain, c’est partager le même temps, vivre à la même époque, le mot synthétise les différentes poétiques de la relation, pour peu que l’on ne s’arrête pas à la seule époque contemporaine, c’est-à-dire au début du XXIe siècle.

En déplaçant sans la nier l’antithèse du « moderne » et du « postmoderne », la notion de « contemporain » permet d’envisager d’une manière plus libre le dialogue avec les différentes altérités, ici et maintenant. Bien plus, elle permet de sortir du temps présent, de la seule synchronie et de s’interroger sur cette contemporanéité dont parlent Barthes ou Agamben et qui met en relation les époques (avec une attention particulière pour le « tournant » des siècles) ou les auteurs entre eux : Stendhal écrit pour les lecteurs de 1880 et 1930, Bonnefoy se déclare l’ami contemporain de Shakespeare et de Leopardi, Quignard espère être lu en 1640, Barthes fait de Proust le mandala qui lui permet de lire le monde comme Houellebecq a besoin d’Auguste Comte ou de Baudelaire ; quant à Gide, peut-on dire qu’il est encore « notre contemporain principal », comme le pensait Sartre en 1950 ? Au renouveau de l’histoire littéraire, au retour de la « philologie », la « contemporanéité » apporte le questionnement d’une « actualisation » tout aussi nécessaire. À la lecture historique qui s’intéresse au contexte, à la perspective « moderne » qui hiérarchise les œuvres en fonction d’un supposé sens de l’histoire (« Être moderne, c’est savoir ce qui n’est plus possible » (Barthes), la réflexion sur la « contemporanéité » permet de s’intéresser à la fois à la création et à la réception des œuvres, au dialogue présent et à l’invention d’une autre historicité.

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