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Soutenance d'habilitation à diriger des recherches de Marie Bernanoce-Brulotte

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Soutenance HDR

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Soutenance d'habilitation à diriger des recherches
le 30 novembre 2013
14h00

Marie Bernanoce-Brulotte soutiendra son habilitation à diriger des recherches intitulée "La voix didascalique dans le répertoire de théâtre jeunesse : esthétique et éthique, questions posées à son enseignement", et effectuée sous la direction de Joseph Danan.

Depuis plus d’une quinzaine d’années, ce travail de recherche s’inscrit à la croisée de plusieurs domaines : esthétique théâtrale, théâtre contemporain, théâtre pour les jeunes, didactique du théâtre et de la littérature, en appui sur l’outil que déjà théorisé dans sa thèse et peu à peu affiné, la notion de voix didascalique.

Désormais bien installé dans le paysage éditorial français, le théâtre publié en direction de la jeunesse se signale par la force de ses écritures inventives. Elles font ainsi résonner une voix du conte (récitant fictionnalisé ; adresse didascalique ; ritualisation dramaturgique), une voix du relais (nomination ; monodrame, jeux de rêve et de point de vue ; théâtre épistolaire, théâtre diariste et relais du récit) et enfin une voix du jeu (jeux cotextuels ; dénarré et dédramatisé ; double générationnel et double théâtralisé) que l’analyste du théâtre contemporain peut gagner à prendre en compte. S’en dégagent plusieurs motifs dramaturgiques, réunissant thématiques et procédés dans une énonciation performative dont la métamorphose semble être la matrice.

Il s’agit alors de partir de l’inventivité de ces écritures jeunesse pour en tirer les pistes d’une didactique tout aussi inventive, à l’écoute active des oeuvres et de leurs effets : imaginaire des seuils, enquête de nomination, jeu des strates fabulaires... Ces pistes seront croisées avec des pratiques de plateau et de mise en voix/mise en espace, d’atelier d’écriture et de comité de lecture.

Lire du théâtre, c’est construire un espace dramaturgique entre auteur, texte, scène et récepteur, c’est faire appel conjointement aux outils littéraires et à ceux de l’esthétique théâtrale. Cela revient à chercher ce qui peut apparaître, dans les fonctionnements du texte de théâtre, comme les lieux privilégiés de rencontre et de tension entre figure de l’auteur, figure du lecteur et figure de la scène, dans le cadre d’une approche pragmatique. Alors que la recherche en didactique de la littérature explore et développe les sentes du sujet lecteur, la recherche en didactique du théâtre, encore peu développée, peine à construire les contours du sujet lecteur de théâtre, dans le sillage du divorce entre théâtre et littérature qu’avait mis en lumière l’enquête dirigée par Michel Vinaver, Le Compte rendu d’Avignon. Les freins bloquant une juste approche du genre théâtral et un renouvellement du corpus scolaire semblent relever d’une difficulté conjointe à prendre réellement en compte le sujet lecteur et à concilier l’apprentissage des savoirs avec la pratique artistique que réclame le théâtre. Dans ce cadre, proposer des méthodologies de lecture dramaturgique, que ce soit dans des séquences restreintes ou dans le cadre de projets plus vastes, apparaît comme une nécessité susceptible d’ouvrir la voie de recherches de terrain qui font défaut

Ces réflexions esthétiques et didactiques conduisent inévitablement du côté de l’éthique. Si Walter Benjamin voyait dans « l’Angelus novus » de Klee un « Ange de l’histoire » avançant vers le futur à reculons, horrifié par les décombres de la catastrophe, les écritures théâtrales adressées à la jeunesse, dans le sillage de la notion d’Enfantin défendue par Pierre Péju dans Enfance Obscure, semblent plaider activement pour une joie nietzschéenne telle que la développe Clément Rosset. Cette joie n’est pas oubli des catastrophes, elle repose aussi sur la nécessité de les dire : la guerre et la mort sont ainsi très présentes, et la figure récurrente du Petit Poucet témoigne fortement des solitudes contemporaines. Mais le geste de transmission partagée que cette joie induit ouvre la voie de dramaturgies contagieuses et contribue ainsi à offrir à l’avenir du théâtre des perspectives humanistes, dans des formes de ludisme parabolique sans doute héritées pour une bonne part du théâtre surréaliste et du théâtre symboliste. Le théâtre jeunesse, à son meilleur, semble bel et bien retrouver foi dans la poésie après Auschwitz.

 
Les membres du Jury :
  • Joseph Danan, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
  • Geneviève Jolly, Université de Strasbourg)
  • Jean-François Massol, Université Stendhal
  • Catherine Naugrette, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3
  • Annie Rouxel, Université Montesquieu, Bordeaux 4

Mis à jour le 27 mai 2016

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Lieu : 
Université Paris 3 Sorbonne Nouvelle
Centre Censier, 13 rue Santeuil, salle 410

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