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La tradition des romans de femmes. XVIIIe - XIXe siècles

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Traverses 19-21

Traverses 19-21

Séminaire
du 8 octobre 2008 au 13 mai 2009

Ce séminaire est organisé par le Centre d'études stendhaliennes et romantiques avec le soutien du Cluster "Culture, patrimoine, création" de la Région Rhône-Alpes.

Les noms de mesdame de Charrière, Cottin, de Duras, Gay, de Genlis, de Graffigny, de Guizot, de Krüdener, de Montolieu, Riccoboni, de Souza, de Tencin (donnés ici dans l'ordre impersonnel de l'alphabet), romancières réputées en leur temps, ont difficilement passé les années : dès le milieu du XIXe siècle, ils n'ont plus été retenus que des érudits qu'intéressaient l'histoire de la littérature ou l'histoire du roman, l'histoire des femmes aussi. Quant à la notoriété qui a toujours entouré les noms de Mme de Staël et de George Sand, elle s'est souvent plus occupée d'aspects de leur biographie, construits et chéris comme des stéréotypes, que de leur œuvre de romancières.

Le fait est, pourtant, qu'au XVIIIe siècle et dans la première moitié du XIXe siècle, les romans écrits et publiés par des femmes occupent la scène littéraire d'une manière qui les met suffisamment en valeur pour que les lecteurs reconnaissent en eux une tradition, celle des « romans de femmes ». L'unité de l'appellation collective est censée désigner un contenu objectivable : un maniement spécifique du langage romanesque, aux traits récurrents (modèles d'intrigues, constantes thématiques, normes du discours moral). Par jeu de reprises et de variations, cet ensemble d'éléments créerait de la codification, c'est-à-dire des conventions vis-à-vis desquelles apprécier chaque roman singulier, et ainsi déterminerait un genre.

C'est à l'hypothèse qu'un tel contenu objectivable existe pour le discours critique, que celui-ci peut le saisir et le formuler, que le séminaire voudrait se risquer à propos des romans de femmes écrits et publiés au XVIIIe et au XIXe siècles. Faut-il entériner l'idée que ces romans constituent une tradition ? Ce dernier terme est-il autre chose que l'euphémisation (par détour historique et caution pragmatique) de ce qu'on n'ose pas dire « genre » ? Les interventions au séminaire seront invitées à visiter ce corpus autour de cette grande question (l'identification d'un genre des romans de femmes), laquelle pourra trouver des formulations plus précises : délimitation du corpus et questionnement sur sa datation ; repérage de schèmes d'intrigue, de codes formels et de thèmes récurrents ; travail herméneutique sur ces phénomènes...

Il est probable qu'une telle enquête amènera à reprendre à nouveaux frais des questions d'envergure, historiques et théoriques, que se posent les études littéraires : sur le genre romanesque et son histoire ; sur le rapport complexe que ce genre noue entre fiction et moralité ; sur l'idée de roman sentimental ; sur le rôle féminin dans la littérature (dans les textes et hors-texte) ; sur la continuité entre les XVIIIe et XIXe siècles littéraires.

Mis à jour le 14 mars 2015

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