Contenu

[ Université Grenoble Alpes ]

LITT&ARTS LITT&ARTS

Accueil > Événements > Toute l'actualité > Archives


  • Version PDF

Séminaire "Transhumanisme : de la fiction à la réalité" (3)

Recherche

logo CRI

logo CRI

Séminaire
le 12 février 2014
14h00-18h00

Troisième rendez-vous du séminaire "Transhumanisme : de la fiction à la réalité" 2013-2014, proposé dans le cadre du programme "Human enhancement et anthropotechnie : entre réalité et fiction" (ARC 5).

Enjeux politiques : biopouvoir, biopolitique, et transhumanisme
Intervention par Francesco Adorno (DISUFF, Université de Salerne, Italie)


"Au cœur du post-humain, il y a les interrogations que soulève la volonté d’améliorer la nature humaine. On discute ainsi de la possibilité d’améliorer les capacités cognitives, les émotions, les performances physiques, mais aussi d’augmenter la durée de l’existence humaine et les problèmes moraux et politiques suscités par ces changements. Bien entendu, quand on parle de prolongation de l’existence on peut entendre des choses assez différentes : la recherche de l’immortalité, la possibilité de l’amortalité ou, plus modestement encore, l’amélioration de l’espérance de vie. Mais à la différence des autres formes d’enhancement, la volonté de prolonger l’existence, qu’elle se propose pour fin la recherche de l’immortalité, l’abolition de la vieillesse ou encore la possibilité de l’amortalité, pose des problèmes spécifiques qui sont au cœur de nos sociétés.

Politique et mortalité sont en effet liées de telle manière qu’il est probablement impossible de penser l’une sans l’autre : peut-être même que notre politique est telle parce que les individus qui l’ont théorisée et pratiquée étaient et sont mortels. Si tel est le cas, on ne peut en aucun cas réduire la recherche de l’immortalité (ou de l’amortalité) à une modification ayant une signification pour l’individu isolé, car la possibilité de prolonger (à l’infini) l’existence humaine peut avoir virtuellement des conséquences sur la structure même de nos sociétés. On peut même affirmer que la réduction de la recherche de l’immortalité à une question biologique (ce qu’elle est sans aucun doute) est une opération idéologique parce qu’elle sous-estime (volontairement ?) la relation essentielle entre politique et mortalité, constitutive de notre monde.

Ces questions trouvent dans l’analyse des modifications modernes du lien entre mort et politique, à partir de la naissance de la configuration de la politique moderne que Foucault a défini comme « biopolitique », un moment fondamental. Comme on le sait, la spécificité de la biopolitique consiste dans le fait que la vie biologique des individus est son objet exclusif.

Notre hypothèse est que le lifespan enhancement est une conséquence directe de cette nouvelle configuration politique de la modernité, dans le sens que la recherche de cette forme d’immortalité qui est le propre du transhumanisme n’est possible que sur fond d’une biopolitique. L’éloignement temporel de la mort n’est donc pas le produit final d’un processus qui a enlevé sa signification à la mort ; bien au contraire il s’agit un processus politique caractéristique de la modernité et dont le transhumanisme représente le dernier moment. Au fond, notre hypothèse est que, malgré ses analyses ponctuelles et le refus d’une quelconque réflexion politique de caractère générale, le transhumanisme véhicule une pensée politique dans laquelle il se fonde ; on essayera justement de mettre au jour cette pensée politique qui ne veut pas dire son nom."

Mis à jour le 15 mars 2015

  • Version PDF

Infos +

Lieu : 
MSH Alpes
Domaine universitaire

Rechercher

Une actualité

Litt&Arts - Université Grenoble Alpes
CS 40700 - 38058 Grenoble cedex 9