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Soutenance de Guillaume Deheuvels – Lettres et arts spécialité Arts du spectacle

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Soutenance
le 11 décembre 2018
13h30

Esthétique du politique dans le cinéma de Jean-Luc Godard de 1969 à 2014

Résumé
La présente thèse se propose de faire une lecture esthétique du politique dans le cinéma de Jean-Luc Godard de 1969 à 2014, en essayant de démontrer que l'esthétique du politique dans son cinéma s'exprime par un renouveau de la pensée dialectique de l'image.

Cette conception de la dialectique godardienne de l'image est influencée par la philosophie althussérienne des « Appareils idéologiques d'État » et constitue un profond renouvellement des concepts hégéliens et marxistes de la dialectique, au sens où la dialectique godardienne de l'image est une dialectique sans synthèse, qui se caractérise par une pensée du troisième plan développé à partir du rapprochement inédit de deux images, qui entretiennent un rapport à la fois « lointain et juste » sur le mode de la métaphore surréaliste et du collage.

La période du Groupe Dziga Vertov représente chez Godard un foyer de réflexions esthétiques et politiques, ainsi que d'expérimentation, où il met en place véritablement cette pensée politique et dialectique de l'image, qu'il va ensuite approfondir dans les autres périodes : initiation de la dialectique entre image et son dans la période du Groupe Dziga Vertov ; dialectique entre image et langage influencée par les systèmes de la télévision et de la publicité ; dialectique de la technique vidéo et du cinéma dans la période Sonimage ; images dialectisées dans l'esthétique de la relève et la pensée du contre-champ et du hors-champ dans les Histoire(s) du cinéma ; esthétique dialectique de la mise en ruine dans l'exposition Voyage(s) en Utopie ; esthétique dialectique du désastre dans Adieu au langage et Trois désastres.

Ces différentes esthétiques dialectiques de l'image se retrouvent d'une période à l'autre, si bien que ces périodes entretiennent des rapports d'interaction différentielle sur le mode de la dialectique godardienne.

Du reste la pensée dialectique godardienne nous conduit à dépasser l'approche traditionnelle que les études universitaires ont des rapports entre les différentes périodes de l'œuvre de Jean-Luc Godard – période du Groupe Dziga Vertov (1969-1972), période du Groupe Sonimage (1972-1979), période des Histoire(s) du cinéma, période Péripheria, période de la collaboration avec Fabrice Aragno et Nicole Brenez… –, conçus en termes soit de rupture, soit de continuité.

En réalité, de 1969 à 2014, tout se passe comme si la filmographie de Jean-Luc Godard progressait de façon dialectique et hélicoïdale à la manière de la philosophie de l'histoire d'Umberto Vico, fondée sur des moments de ruptures et de continuités, et faisant de l'esthétique du politique une esthétique de la complexité, fondée sur une série d'« images-pensées » et une pensée dialectique et rhizômatique ouverte.

La pensée esthétique et politique de Godard est comprise dans cette tension dialectique entre un mouvement vers l'avant et un regard rétrospectif ouvrant le champ des possibles d’un véritable socialisme cinématographique.


Composition du jury
Didier COUREAU (Professeur, Université Grenoble Alpes, Directeur de thèse) ; Gérard LEBLANC (Professeur Émérite, École nationale supérieure Louis-Lumière, Rapporteur) ; Antoine DE BAECQUE (Professeur, ENS Paris, Rapporteur) ; Nicole BRENEZ (Professeur, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, Examinateur) ; Fabienne COSTA (Professeur, Université Grenoble Alpes, Examinateur).

Mis à jour le 4 décembre 2018

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Directeur de thèse

Didier COUREAU
LITT&ARTS, composante CINESTHEA

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Lieu : 
Salle des Conseils
Maison des Langues et des Cultures
Domaine universitaire de Saint-Martin-d'Hères

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