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Soutenance de Sylvain-Karl Gosselet – Histoire

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Soutenance
le 22 octobre 2018
14h00

L'allégorie de l'Europe en France de la Renaissance à la Révolution. Iconographie d'un objet politique

Résumé
L’iconographie de l’Europe, la quatrième partie du monde connu à partir de la Renaissance, est une source fondamentale pour comprendre l’idée d’Europe depuis l’Antiquité. En effet, son langage symbolique exprimé par les images – à plat ou en relief – est riche et varié, et ajoute à l’histoire de l’idée d’Europe d’innombrables chapitres inédits qui complètent ceux qui nous ont été livrés par les sources écrites. La figure de l’Europe, par ses acceptions politiques, religieuses ou mercantiles, a fait l’objet d’un véritable engouement de la part des artistes, des princes et du public des arts – de tous les arts – durant des siècles. Or ce thème iconographique est encore peu étudié et il reste donc un vaste champ d’exploration de l’idée Europe par les images, particulièrement pour la France, de la Renaissance à la Révolution.

L’Antiquité n’a livré, à ce jour, qu’un exemple d’allégorie de l’Europe, et le Moyen Âge, deux exemples. La tradition médiévale érige cependant en incarnation de l’Europe deux personnages bibliques de premier plan. Japhet, l’un des trois fils de Noé, et Melchior, l’un des rois mages.

Dès 1492, les grandes découvertes incitent à un langage allégorique nouveau : celui des quatre parties du monde. L’Europe prend d’abord la forme d’une reine anthropomorphe, incarnation mariale qui inscrit la figure de l’Europe dans le registre du sacré, religieux et politique. Dès 1520, fêtes et cérémonies éduquent le spectateur à qui l’on montre sa première représentation symbolique de l’Europe. L’art de l’estampe diffuse par-delà les frontières une succession de modèles iconographiques nouveaux. Enfin, l’apport de la cartographie a également été fondamental pour diffuser des allégories de l’Europe, première des quatre parties du monde.

Du XVIe siècle au XVIIIe siècle, tous les arts déploient un langage symbolique riche d’enseignements sur l’idée d’Europe. Son iconographie illustre des thèmes aussi variés que le souvenir de l’Empire romain, la domination du monde, un européocentrisme souverain, une proximité avec l’Asie, un rempart au péril turc, l’exotisme des découvertes lointaines et des voyages, les vertus du commerce, voire de la guerre, ou la paix, etc. Une majorité d’artistes vont représenter l’Europe durant deux siècles selon l’Iconologia de Cesare Ripa et ses adaptations comme celle de Jean Baudoin en France en 1643. Il faut attendre le XVIIIe siècle pour qu’une nouvelle génération de théoriciens de l’iconologie, et des artistes inventifs, renouvellent le langage allégorique de l’Europe.

De toutes les acceptions de l’Europe, deux d’entre elles occupent une place prépondérante. Les représentations de l’Europe sont d’abord des images au service de la propagation de la foi, de l’universalité du catholicisme et de sa marche conquérante, des jésuites en particulier. Pour autant, il n’est pas question d’hagiographie ni d’image pieuse. L’Europe, si elle accède au registre du saint et du sacré, et décore des lieux consacrés, ne devient jamais une figure religieuse.

L’image de l’Europe est aussi un outil de propagande pour les princes, de l’Angleterre à l’Espagne, avec une constance iconographique. En France, à partir du règne d’Henri IV, elle occupe en particulier une place importante au voisinage des rois dans leurs portraits ou des représentations allégoriques de leur pouvoir. Durant le règne de Louis XII, de Louis XIII et de Louis XIV qui soutiennent l’usage de la figure de l’Europe pour animer leur propagande politique personnelle. Le siècle de Louis XV est véritablement l’âge d’or des arts décoratifs et du motif des quatre parties du monde sous la forme d’allégories féminines, alors très à la mode. Cet engouement perdure sous Louis XVI, mais l’Europe véhicule désormais les idées universalistes des Lumières. En France, la Révolution met un terme brutal aux expressions allégoriques de l’Europe. 


Composition du jury
Giuliano FERRETTI (Professeur, Université Grenoble Alpes, Directeur de thèse) ; Sylvie TAUSSIG (Chargée de recherche CNRS,  Co-Directeur de thèse) ; Paulette CHONE (Professeur Émérite, Université de Bourgogne, Examinateur) ; Lucien BELY (Professeur, Sorbonne Université, Examinateur).

Mis à jour le 22 octobre 2018

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Co-directeur de thèse

Giuliano FERRETTI
LITT&ARTS, composante RARE

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Lieu : 
Petite salle des colloques
Bâtiment Stendhal
Domaine universitaire de Saint-Martin-d'Hères

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