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Soutenance de thèse de Maéva Bovio

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Soutenance
le 14 novembre 2016
14h00

­Les Voyages en Orient des écrivains français (1919-1952) : l'Orient romantique à l'épreuve du XXe siècle

Le Voyage en Orient, sous-genre de la littérature de voyage, évoque avant tout les noms de Chateaubriand, Lamartine et Nerval. Ce sont eux qui ont lancé la vogue de ce voyage et lui ont donné ses lettres de noblesse. D'illustres écrivains (Flaubert, Loti) prennent leur suite, avant que la disparition de l'Empire ottoman au lendemain de la Première Guerre mondiale ne semble sonner le glas d'un « Orient » désormais renvoyé à un passé légendaire.
Le Moyen-Orient connaît alors de profonds bouleversements : la carte géopolitique est entièrement modifiée et de nouvelles problématiques se font jour (sionisme, montée des nationalismes arabes). La France s'implante politiquement dans la région en tant que puissance coloniale, par le biais des « mandats » qui lui sont confiés par la Société des Nations en Syrie et au Liban. En 1952, l’État d'Israël et de nombreux pays indépendants, réunis au sein de la Ligue arabe, présente encore un tout autre visage.
Ces renversements politiques, joints aux progrès de la modernité technique et matérielle et au développement du tourisme de masse, affectent directement la tradition littéraire française du Voyage en Orient. Force est de constater cependant que les écrivains-voyageurs ne désertent pas les lieux. De Maurice Barrès à Roger Vailland en passant par Paul Morand, Louis Bertrand, Myriam Harry, Roland Dorgelès, Joseph Kessel ou encore Albert Londres, nombreux sont les écrivains et reporters qui se rendent dans la région et lui consacrent un ou plusieurs ouvrages.

Notre travail a donc d’abord consisté à constituer un corpus, c'est-à-dire à identifier et classer ces textes souvent méconnus, avant de les analyser dans une double démarche d'histoire littéraire et d’histoire du genre viatique, et selon un point de vue en partie inspiré des approches postcoloniales. Il s'est agi de rendre compte d'une vaste production, tiraillée entre rétrospection mélancolique et prospection enthousiaste : l'Orient romantique fait alors l'objet de vifs débats et le Voyage en Orient se teinte d'une coloration polémique de plus en plus marquée. Loin de l'abandonner, les écrivains tentent de redonner vie à cette tradition littéraire en réinventant sa forme et en adoptant une posture moins européocentrée, non sans lien avec la naissance de cultures francophones et la prise de parole par les lettrés de ce nouvel Orient.
L'étude de ces textes qui n'avaient pas encore fait l'objet d'une approche synthétique nous a ainsi permis d'écrire un chapitre méconnu de l'histoire de l'orientalisme littéraire et d’étudier un genre dans ses métamorphoses.


Composition du jury
Guillaume Bridet (Université de Bourgogne), Daniel Lançon (Université Grenoble Alpes), Sarga Moussa (CNRS), Marie-Ève Thérenty (Université Montpellier 3) et Sylvain Venayre (Université Grenoble Alpes).

Mis à jour le 2 décembre 2016

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Directeur de thèse

Daniel LANÇON
LITT&ARTS, composante ÉCRIRE

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Lieu : 
Salle des Actes
(bât. Z, rdc)
Bâtiment Stendhal
Domaine universitaire de Saint-Martin-d'Hères

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