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Soutenance de thèse en sociologie de Pablo Venegas De Luca

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Soutenance
le 6 février 2017
14h30

Pour une sociologie constructiviste et phénoméno-compréhensive de l'expérience fictionnelle. Sens et signification de l’expérience vécue de la fiction : une réalité signifiante mise entre parenthèses

Les recherches qui analysent le phénomène de la fiction sont innombrables, mais rares sont celles qui l'abordent à partir du large spectre de ce que les sujets-acteurs ordinaires désignent et qualifient eux-mêmes, dans le contexte de leurs vies quotidiennes, comme étant fictionnel ou en tant que fiction. Le point de départ de cette thèse se situe précisément dans cette perspective, mais plus spécifiquement dans le cadre des connaissances de sens commun – univers des représentations subjectives et intersubjectives stabilisées dans le langage – que les sujets-acteurs ordinaires possèdent sur ce qu'ils appellent fiction, pour à partir de celles-ci articuler une compréhension sociologique (constructiviste et phénoméno-compréhensive) du sens, et de la signification, que ces sujets-acteurs confèrent à ce type d'expériences vécues dans le contexte de leurs vies de tous les jours.

Dans le cadre de leurs connaissances ordinaires, ou connaissances de sens commun, ce que les sujets-acteurs désignent et signifient comme étant fictionnel – ou en tant que fiction –, dépasse largement le domaine des arts – tels que le cinéma, la littérature, ou le théâtre –, et avant de relever exclusivement de celui-ci, mais bien sûr en l'incluant, il se réfère davantage à un large spectre de situations ludiques que les sujets-acteurs connotent comme fictionnelles, un type d'expériences vécues ayant des caractéristiques fort particulières. Dans le cadre de ce type d’expériences les sujets-acteurs élaborent des représentations qu'ils savent être « fausses », ils communiquent à d'autres des informations qui se présentent comme si elles portaient sur des choses réelles alors qu'elles sont tout bonnement inventées, ou encore ils s’intéressent à des récits, à des représentations visuelles ou à des actions dont ils savent qu'il s'agit de « semblants ». Dans ce sens, l'étendue de ce type de situations inclut ce que traditionnellement – et institutionnellement – on désigne comme fiction, c'est-à-dire les expériences vécues des sujets-acteurs avec des fictions artistiques – où une œuvre d'art met en scène un univers imaginaire –, tels que lire un roman ou regarder un film de fiction. Néanmoins, ce type de situations comprend aussi un genre d'expériences que les sujets-acteurs ordinaires articulent et signifient à partir d'une opposition ludique face à ce qu'ils désignent comme étant la réalité pour de vrai, ce que les traditions savantes de la fiction auraient un peu plus de mal à cataloguer directement en tant que fictionnelles, mais que dans le contexte d'une démarche sociologique phénoméno-compréhensive nous pourrions apparenter à ce qu'Alfred Schütz désignait comme les mondes de l'imagination et les phantasmes, telles par exemple les expériences de rêveries éveillées, mais surtout celles de jeux-de-faire-semblant (appelés aussi jeux de faire-comme-si), et que nous pourrions apparenter également aux modalisations ou cadres transformés de la microsociologie d'Erving Goffman. Dans ce panorama, où au premier abord on pourrait penser que cette synonymie utilisée par les sujets-acteurs ordinaires, pour se référer à ces deux types de phénomènes en tant que fictions (les fictions artistiques institutionnalisées d'un côté, les expériences fictionnelles ludiques de l'autre), pourrait être totalement aléatoire et même équivoque, est – bien au contraire – la piste fondamentale et le point de départ à partir duquel s'articule cette recherche doctorale, par laquelle nous cherchons à comprendre le cœur significatif et constitutif de la fiction en tant qu'expérience vécue par des sujets-acteurs ordinaires.


Composition du jury
Florent Gaudez (Professeur de sociologie, Université Grenoble Alpes, directeur de thèse), Fiorenza Gamba (Professeur de sociologie, Université de Sassari [Italie] et Université de Genève [Suisse], rapporteure), Jacques Leenhardt (Directeur d'études en sociologie à l’EHESS-Paris, examinateur), Mary Leontsini (Professeure de sociologie, Université Nationale et Kapodistrienne d'Athènes [Grèce], rapporteure) et Danilo Martuccelli (Professeur de sociologie, Université Paris-Descartes, examinateur).

Mis à jour le 20 janvier 2017

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Directeur de thèse

Florent GAUDEZ
LITT&ARTS, composante ISA

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Lieu : 
Salle des Actes
(bât. Z, rdc)
Bâtiment Stendhal
Domaine universitaire de Saint-Martin-d'Hères

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