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Littératures et savoirs : connaissance, partage, mémoire

Mis à jour le 29 mars 2015

C’est la complexité créée par le «et» qui constitue l’intérêt de la question. La littérature est un discours de savoir qui parle du savoir, l’incorpore, le transmet, le vulgarise, le commente, l’expérimente, le critique. Elle mobilise des savoirs relevant de tous les domaines de la connaissance.

La littérature mobilise des savoirs relevant de tous les domaines de la connaissance : les sciences ou les techniques au sens le plus strict du terme, l’histoire et la sociologie, les sciences cognitives, comportementales ou psychologiques, mais aussi un savoir pratique tel celui des métiers ou de différentes formes de l’expérience humaine.

Au carrefour d’approches plurielles, l’accent sera tout particulièrement placé sur la question de la spécificité du savoir de la littérature, c’est-à-dire du savoir auquel on accède par la littérature. Il ne s’agit pas d’ériger la littérature en genre suprême, de doter l’écrivain d’une lucidité supérieure à celle de l’historien, du sociologue, du philosophe, voire du scientifique. La question serait plutôt de savoir pourquoi nous avons « besoin de la littérature pour résoudre certains de nos problèmes » (Jacques Bouveresse, La Connaissance de l’écrivain).

Comment la littérature fait savoir ? La question se pose aussi bien du point de vue du processus de création (Comment les écrivains se documentent ? D’où tirent-ils leur connaissance ?), que de celui de la pratique (Les textes qui « font savoir » induisent-ils un mode de lecture particulier ?). Quel est le rôle de la littérature dans les processus d’acquisition, d’appropriation, d’échange, de partage, de valorisation, de mémorisation et de transmission de savoirs constitués ? Dans quelle mesure la spécificité du medium littéraire favorise-t-elle ces processus ? Comment la littérature permet-elle de s’approprier le monde grâce aux savoirs ? Si chaque communauté repose sur un certain fonds de savoirs partagés, quel est le rôle politique — au sens arendtien du terme — de la littérature aujourd’hui ? Le rôle de la littérature dans la transmission des savoirs mérite une attention toute particulière lorsqu’elle aide à faire entendre les voix de minorités marginalisées par les discours officiels. Comment le rôle de la littérature a-t-il évolué au cours des siècles ? Quelles sont les formes littéraires qui font savoir ? À côté des mémoires, des récits de vie, des grands reportages, quel est la place de la fiction ? Qu’en est-il du savoir dans la littérature de jeunesse ? Comment la révolution numérique — et en particulier le développement de l’encyclopédisme digital — se répercutent-ils sur la relation entre littérature et savoirs ?

Les chercheurs, spécialistes de littérature française ou comparée, groupés autour de l’axe « littérature et savoirs » s’efforceront de répondre à ces questions tout en continuant le travail commencé au sein des composantes sur l’utopie et l’anti-utopie, la pensée politique, le récit de voyage, la mythologie, les imaginaires techno-scientifiques (notamment autour de l’agriculture), la littérature de jeunesse, les questions de genre (écritures et places des femmes de l’Antiquité au romantisme), de classe (romans populaires, littératures ouvrières et du travail, écritures et arts « ordinaires ») et d’altérités culturelles (orientalisme, esclavage, écritures narratives, dramaturgiques et cinématographiques maghrébines contemporaines). Les textes anciens seront envisagés dans leur interaction avec notre contemporanéité.

La réflexion prendra la forme d’échanges entre chercheurs, mais passera également par l’organisation de manifestations destinées à un public élargi. Le projet comporte aussi un volet pédagogique qui invitera les étudiants à découvrir et en même temps à pratiquer la littérature qui fait savoir et à valoriser leurs réalisations sous forme numérique.

Selon Roland Barthes, dans sa leçon inaugurale au Collège de France, la littérature est la plus importante des disciplines parce qu’elle les contient toutes, qu’elle comporte tous les savoirs. Que l’on partage ou non l’optimisme du célèbre critique, quelles relations la ou plutôt les littératures entretiennent-elles avec les savoirs ? La littérature recueille les savoirs d’une époque pour en faire usage à sa manière, mais aussi, comme ensemble de formes, la littérature constitue un savoir sur le monde.

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