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Méthodologies et outils de la lecture : rhétorique, poétique, stylistique, théorie littéraire

Mis à jour le 26 mars 2015

S’il est un geste fondamental pour le chercheur en littérature et sciences humaines, c’est bien celui de lire. La réflexivité est donc consubstantielle aux recherches inscrites au sein de cet axe. Or, que la lecture soit professionnelle ou mondaine, elle suppose un savoir-lire: la maîtrise d’un outillage cognitif, nécessaire pour construire l’intelligibilité du texte.

C’est donc à la fois à l’élaboration d’un tel outillage, à son archéologie et à son historicité, que travaillent les chercheurs des différentes composantes scientifiques réunies dans cet axe.

L’horizon de cette recherche collective est d’abord de rendre compte de l’historicité des imaginaires des discours – de la littérature, des textes : il s’agit là d’un travail qui touche par essence à la poétique en tant qu’elle est, selon le mot de Sylvain Auroux, Simone Delesalle et Henri Meschonnic, le « ‘comment’ de l’historicité » (Histoire et grammaire du sens) : c’est à travers ces imaginaires qu’on lit, explique et transmet – qu’on écrit, aussi.

Les travaux emprunteront alors prioritairement deux voies :
  • d’une part, une réflexion sur la constitution même des corpus : pourquoi lit-on ce que nous lisons ? et qui lit quoi ? Si une première série de questions touche de manière particulièrement aiguë la dimension réflexive de l’acte critique – sur quels critères s’appuie-t-on pour commenter, rapprocher, confronter, distinguer des textes ? –, une autre série concerne le rôle de l’École : qu’y lit-on, et pour quelles raisons ? Plus particulièrement, on pourra se demander ce que les écrivains ont pu lire, ainsi que ce qu’ils ont pu apprendre – et retenir – de l’école : ce sera là une manière de reconstituer l’imaginaire par rapport auquel leur pratique se situe nécessairement ;
  • d’autre part, une réflexion sur les notions critiques ou épicritiques à travers lesquelles on lit, saisies dans leur devenir puisque, pour reprendre la formule de Canguilhem, « un même mot n’est pas un même concept ». Parmi elles, on sera particulièrement attentifs au devenir de la « rhétorique tardive » : l’histoire de la rhétorique a déjà été retracée, mais de manière externe ; on mettra donc ici l’accent sur le devenir (ou le renouveau) de certaines notions d’origine rhétorique. Plus particulièrement, il semble que la proclamation d’une « mort de la rhétorique » au XIXe siècle ait conduit à la sous-estimation de catégories « importées ».

Cependant, ces pistes historiques supposent en elles-mêmes une réflexion théorique, comme le montre leur articulation intrinsèque : ce sont les corpus qui permettent de faire d’abord émerger des notions qui, peu à peu, deviennent des catégories théoriques, qui elles-mêmes permettent en retour de lire – et d’interroger – les textes. L’analyse et l’interprétation d’un corpus particulier sont nécessaires à la construction des catégories, ainsi qu’à leur validation, leur falsification, leur éventuelle reformulation. Inversement, ces catégories conditionnent les lectures, et notamment dans les situations d’apprentissage. L’observation du devenir des notions critiques, tant par leur réemploi que par leur inflexion ou leur oubli, devrait permettre de mieux cerner ces enjeux.

Au carrefour de l’histoire de l’histoire et de la théorie, la réflexion sur l’historicité des lectures suppose aussi de répondre à d’autres questions : quel équilibre trouver entre « lecture historique » et « lecture actualisante » ? De quels outils a-t-on besoin pour lire un texte classique ? Doit-on se limiter aux outils définis par l’époque ou est-on autorisé à recourir à la panoplie complète des savoirs que nous propose notre présent ? Comment l’École peut-elle à la fois contextualiser et actualiser les œuvres de la littérature ? La question peut être autrement posée : quand y a-t-il anachronisme ?

Que la recherche relève ici de la rhétorique, de la poétique, de la stylistique, de la didactique ou du comparatisme, qu’elle prenne en charge la textualité, le discours, les genres, le style, les implicites ou les blancs des textes, elle se caractérise non seulement par sa réflexivité, mais encore par sa dimension pratique : l’analyse des formes y est toujours primordiale et nécessaire. Dans ce cadre, les synergies possibles entre spécialistes d’époques et de champs différents apparaissent non seulement comme une véritable chance, mais comme un impératif épistémologique.
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