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Pratiques collectives et créations ordinaires

Mis à jour le 8 juin 2017

Cet axe se donne comme objectif d'explorer la question des pratiques créatives, plus que celle de la culture, et d’interroger la création comme processus de médiation inscrit dans un triangle production-formalisation-réception, prenant en compte l'ensemble des actes de médiation dont la présence est nécessaire au sens.

« Dans les sciences humaines, l’important n’est pas dans les réponses,
mais dans les questions, dans les façons de les formuler.
La question, si elle est un problème, n’est plus seulement une interrogation,
elle est – quaesio – une recherche
. » Gérard Dessons

 « Une démarche scientifique se caractérise par le fait
qu'en trouvant de nouveaux objets elle développe de nouvelles méthodes.
Exactement comme la forme en art se caractérise par le fait
qu'en conduisant à de nouveaux contenus, elle développe de nouvelles formes.
C'est seulement pour un regard externe que l'œuvre d'art a une forme et une seule,
et que le traité a une méthode et une seule.
» Walter Benjamin

 « La méthodologie, c'est le discours sur ce qui n'est,
dans l'acte de connaissance, ni le sujet, ni l'objet,
c'est le discours sur le mystère de l'entre
. » Jacques Leenhardt


Énonciation & Pratiques de création

Considérant avec Barthes que « l'interdisciplinaire, dont on parle beaucoup, ne consiste pas à confronter des disciplines déjà constituées (dont, en fait, aucune ne consent à s'abandonner), [que] pour faire de l'interdisciplinaire, il ne suffit pas de prendre un « sujet » (un thème) et de convoquer autour deux ou trois sciences [et que] l'inter-disciplinaire consiste à créer un objet nouveau, qui n'appartienne à personne », cet axe se donne comme objectif d'explorer la question des pratiques créatives, plus que celle de la culture, et d’interroger la création comme processus de médiation inscrit dans un triangle production-formalisation-réception, prenant en compte l'ensemble des actes de médiation dont la présence est nécessaire au sens, autrement dit l'énonciation, laquelle n'existe pas, selon Benveniste, sans énonciateur bien sûr mais surtout, sans énonciataire.
Cette perspective permet d’envisager de féconds croisements avec les autres axes transversaux de LITT&ARTS en accordant par exemple une attention particulière aux usages et pratiques du discours, du récit et de la fiction. L’objectif est, d’une part, de favoriser la réflexivité des disciplines sur leurs outils et leurs terrains de recherche propres, et d’autre part, de mettre en partage notions et pratiques scientifiques, discours, récit et fiction constituant, pour l’ensemble des disciplines, des objets méthodologiques communs, suivant ainsi l'idée de Leenhardt selon laquelle « la méthode est le chemin que le sujet connaissant doit faire pour élever son savoir à la hauteur de son objet ».

Le récit comme fait social total & comme processus de connaissance

Au cœur de ce dispositif, le recours au récit (parfois confondu avec la fiction voire avec le discours - ce que cet axe interroge aussi) tient au fait qu'il relève à la fois du fait social et du repositionnement scientifique. On assiste en effet à la résurgence des principes narratifs, liée à une nécessité de raconter, qui s’écarte du récit postmoderne et s’accompagne, dans le champ de la théorie littéraire, de l’essor des théories de la fiction et du storytelling. Cette évolution, étudiée en diachronie comme, complémentairement, en synchronie, doit permettre de mettre en perspective l’ouverture méthodologique que les Sciences Humaines et Sociales trouvent actuellement dans le récit, usage qui fait aussi de longue date débat dans le champ scientifique. Un intérêt particulier est porté aux usages du récit dans la création « ordinaire » et dans les cultures dites « populaires ». On vise ainsi à questionner notamment la place des récits dans les productions collectives, ainsi que leurs enjeux au sein de formes apparemment non narratives, par exemple au sein des arts de la performance. L’hypothèse est que le récit est un fait social total, et un véritable processus de connaissance humaine et sociale susceptible d’interroger le raisonnement scientifique et de poser la valeur de l’expérience narrative de pensée comme une valeur ontologique (qui décrit/construit la réalité).

Raconter & explorer l’expérience humaine

À cet effet l'axe s’intéresse tout particulièrement aux écritures, aux arts et aux pratiques de création « ordinaires » : poétique et sociologie des cultures performancielles, étude en diachronie des modes de créations collectives, des lieux de création alternatifs, des pratiques performancielles hors-scène, etc. et notamment aux pratiques collectives, tant numériques (perspective encore peu développée en France) que « présentielles » : scènes ouvertes, anciennes ou actuelles, productions collaboratives interrogeant les notions d’auctorialité multiple et d’autorité socio-culturelle, uncreative writing, etc. En postulant avec Ricœur qu'il « existe entre l'activité de raconter une histoire et le caractère temporel de l'expérience humaine une corrélation qui n'est pas purement accidentelle, mais présente une forme de nécessité transculturelle », cet axe se situe fondamentalement dans la perspective d’une anthropologie culturelle, et se veut à ce titre également le lieu d’une réflexion théorique sur ses rapports aux « sciences de la culture » [Kulturwissenschaften], aux performance et cultural studies, et aux critiques dont ces approches font l’objet.

Interdisciplinarité : postures & pratiques

C'est en effet au cœur de ces modes alternatifs que la posture socio-anthropologique peut aider à repérer les émergences les plus significatives et les enjeux les plus généraux nichés au cœur des pratiques créatives, dans leur ensemble mais tout particulièrement, collectives et ordinaires. Des Humanités aux savoirs littéraires (caractérisés par le soin de la « nuance » promu par Roland Barthes dans ses cours au Collège de France), des expérimentations créatives (comme espace d’exploration des possibles) à l’archéologie des media (comme face cachée de l’histoire traditionnelle des media de masse), de la sociologie de la création à l’anthropologie de l’imaginaire, autant d'espaces et de trajectoires à la croisée desquels se rassemblent nombre de regards et perspectives variés mais complémentaires constituant des modes « alternatifs » de compréhension des constructions et productions de connaissances.

Penser l’expérience créative collective

Enfin cet axe s'assigne l'ambition d'une exigence nouvelle visant à réévaluer la fonction sociale des illusions, plastiques ou discursives en invitant les Sciences Humaines et Sociales en général et la Sociologie en particulier à s’enrichir non pas en réduisant leurs objets à leurs propres règles discursives mais en se mettant en situation de penser, comme nous y invitent les labyrinthes imaginés par Magritte, l’espace dialogique qui est ouvert entre nos instruments de pensée et ce que produit notre expérience de la vie personnelle et collective aux marges des règles de cette pensée. Des travaux ont déjà été initiés sur l’interpénétration des fictions et des savoirs, sur les imaginaires contemporains du cerveau et du post-humain ; sur la création comme processus de production et de médiation ; enfin sur les cultures populaires, leurs formes, leurs modèles, leurs modes de diffusion, leurs fonctions, leurs usages, etc. Ces recherches s’inscrivent dans un effort commun pour mieux comprendre et mieux repositionner le statut des approches de la littérature en particulier et des arts en général, qu'ils soient plastiques, du texte, de l'image, ou encore de l'écran, du spectacle, de la rue et de la scène, et de la création d’imaginaires dans les dynamiques sociales de notre temps.

Publications

> 3 ouvrages collectifs autour de la thématique Art-Politique-Création :
> 1 numéro de la revue internationale Sociologie de l’art :

Manifestation

> 2 journées d’étude du réseau JCSA (une quinzaine de communicants) :

Projets déposés ou en cours de dépôt

> 1 projet d’animation scientifique « Premier soutien » déposé à la DG-DRIV :
  • ÉpisTêkné : constitution LIA/GDRi CNRS

> 1 projet FMSH « Appel Art & SHS » dans le cadre de la constitution LIA/GDRi CNRS :
  • Approches de la temporalité dans les arts & les Sciences
    En collaboration avec les équipes de sociologie visuelle de Gênes (Italie) et d’Evry (France) et l’équipe de Socio-anthropologie des techniques (CETCOPRA) de Paris 1 - Panthéon-Sorbonne.

> 1 projet de séminaire international :
  • L’angle filmique & la sociologie
    En collaboration avec les équipes de sociologie visuelle de Gênes (Italie) et d’Evry (France) et l’équipe de Socio-anthropologie des techniques (CETCOPRA) de Paris 1 - Panthéon-Sorbonne.

> Poursuite du travail de réseautage en vue de la constitution LIA/GDRi CNRS 
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