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Mis à jour le 3 décembre 2019

Responsable : Marie-Sylvie Claude
Centre porteur : LITEXTRA

Cette recherche fait d’un exercice emblématique de la discipline une pierre de touche pour étudier le cursus de formation littéraire du collège à l’université. Elle cherche à comprendre comment s’organisent, dans le parcours de l’élève puis de l’étudiant, l’ensemble constitué des exercices canoniques évalués aux épreuves scolaires et universitaires et des autres activités de commentaire au sens large (Daunay, 2004), nombreuses et diverses, que nous nommons les entours du commentaire.

La prescription curriculaire est de plus en plus complexe. Au lycée, aux côtés des exercices d’entraînement au commentaire du baccalauréat, qui valorisent un rapport distancié au texte, sont prévues d’autres activités de lecture, métatextuelles mais aussi hypertextuelles, mobilisant tout à la fois raison et imaginaire, affectivité et sensibilité (Shawky Milcent, 2014). L’institutionnalisation, en cours dans le programme, du paradigme didactique du sujet lecteur (Rouxel & Langlade, 2004 ; Mazauric & al., 2011 ; Massol & Ranou, 2017) donne une place croissante à ces activités au collège, où elles voisinent avec des exercices qui se veulent plus directement propédeutiques au commentaire normé du lycée. En licence et jusqu’aux concours d’enseignement, ce sont d’autres formes encore de commentaire, très diverses, qui sont enseignées aux étudiants, en lien avec l’étude des travaux de la critique littéraire et de la stylistique. De surcroît, des activités de commentaire portant sur d’autres arts, notamment visuels (Claude, 2015, 2017, 2018 ; Rouvière, 2017), mais aussi sur des œuvres multimodales, prennent une place croissante dans les programmes et maquettes des enseignements littéraires, du collège à l’université. Enfin d’autres disciplines, comme l’histoire ou la philosophie, pratiquent des activités d’écriture métatextuelle, selon des définitions diverses, ce qui pourrait donner lieu à des approches interdisciplinaires, auxquelles les enseignants sont vivement incités. L’enseignement d’histoire des arts prévoit d’ailleurs le croisement des différentes disciplines scolaires pour l’étude des œuvres, dont celles des arts du langage (Chabanne & Dufays, 2011).

L’articulation réfléchie de toutes ces activités serait sans doute propre à favoriser une réception riche et complexe de la littérature et des autres arts. Cependant, cet ensemble composite, aux assises théoriques peu explicitées, est selon nous diversement compris par les différents acteurs, engendrant des malentendus pour les élèves et les étudiants, notamment ceux qui sont les moins familiers de la culture scolaire ou universitaire (Bautier & Rayou, 2013). Pourrait se produire un décalage, plus ou moins ample selon les contextes sociaux, entre la prescription et ce qui est réellement enseigné d’une part, ce qui est réellement appris d’autre part (Forquin, 2008).

C’est pourquoi cette recherche s’attachera à mettre au clair les interprétations des différents acteurs en cherchant à savoir comment les enseignants, les élèves et les étudiants appréhendent et organisent cette configuration curriculaire complexe et quelles articulations et progressivité ils voient entre les diverses activités proposées. Nous nous demanderons dans quelle mesure ils parviennent, dans cette complexité, à construire du commun. Pour ce faire, la méthodologie se centrera sur l’analyse de productions d’élèves et d’étudiants, de supports produits par les enseignants, et de nombreux entretiens avec les différents acteurs, dans des contextes scolaires et universitaires contrastés. Dans le prolongement des acquis issus des recherches de LITEXTRA (notamment le séminaire interuniversitaire « Enseigner le Théâtre et la Poésie Aujourd’hui »), des appuis théoriques de différentes disciplines – littérature, stylistique, didactique, sociologie des apprentissages – y seront indispensables, ainsi que le regard croisé d’enseignants-chercheurs investis dans les différents niveaux du cursus scolaire et universitaire.

La première période de la recherche (septembre 2019 – juin 2020) se centrera sur :
 
  • le lien entre commentaire et lecture analytique de la littérature au sens large (toute approche analytique est-elle mise au service du commentaire ?) ;
  • le lien entre commentaire et lecture linéaire (nouvellement imposée comme méthode pour l’épreuve orale du baccalauréat) ;
  • la manière dont est introduite la subjectivité dans le travail sur le commentaire (dans les productions des élèves, dans les pratiques déclarées des enseignants).

Les différents chercheurs impliqués choisiront un des angles d’approche, complémentaires, parmi les suivants :
 
  • les conceptions de l’exercice et de son enseignement/apprentissage : comparaisons entre enseignants, entre élèves, entre enseignants et élèves ;
  • la conception du texte attendu par les différents enseignants et les moyens et supports didactiques mobilisés pour l’enseigner ;
  • les conceptions de l’exercice d’après les sites parascolaires ;
  • les conceptions de l’exercice d’après les manuels scolaires et les ouvrages parascolaires ;
  • les conceptions de l’exercice dans la prescription ;
  • la spécificité du commentaire littéraire par rapport aux exercices de commentaire dans les autres disciplines.
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