Distinction / PrixRecherche

Camille Brouzes, lauréate 2020 du prix “Jeune chercheur” de la Fondation des Treilles

le 10 février 2020
Camille Brouzes suit une thèse en littérature médiévale, sous la direction d'Estelle Doudet (ISA).
La Fondation des Treilles décerne chaque année cette aide à la recherche à des chercheur·euses français⋅es ou étranger⋅es âgé⋅es de moins de 35 ans, en fin de thèse (quatrième année maximum) ou post-doctorant·es, qui mènent leurs recherches en France. La sélection des dossiers est effectuée par un Conseil scientifique.

Camille Brouzes a d’abord obtenu un contrat doctoral de l’ENS de Lyon qui lui a permis de mener ses recherches à l’UGA, où elle a ensuite rempli pendant un an les fonctions d’ATER (2016-2020). L’obtention du prix de la Fondation des Treilles lui offrira la possibilité de poursuivre la rédaction de son manuscrit de thèse.

Synthèse de sa recherche

Camille Brouzes s’intéresse aux représentations du vieillissement dans la poésie en français des XIVe et XVe siècles. Elle réévalue à l’aune de textes poétiques un lieu commun qui considère la fin du Moyen Âge comme un temps du déclin, un automne des arts et des civilisations. Proche du champ disciplinaire des aging studies, qui examinent le vieillissement sous un angle culturel, son travail entend montrer comment la sénescence devient à la fin du Moyen Âge une forme consensuelle de présentation de soi. Son corpus se constitue de grands poètes de la période, tels que Eustache Deschamps, François Villon, Charles d’Orléans notamment, qu’elle confronte à la production d’auteurs moins étudiés. Alors que les textes qui représentent le vieillissement des poètes ont beaucoup été considérés comme des témoignages ou des anecdotes, ses travaux approchent la sénescence en termes rhétoriques, comme un mode d’incarnation possible. En assumant à la première personne un personnage type bien connu de leur lectorat, le vieillard, les poètes de la fin du Moyen Âge décalent ses aspects les plus négatifs. Les diminutions dont ils se plaignent favorisent en vérité la construction de leur masque et le renouvellement d’une écriture poétique. Dans la vulnérabilité des vieillards se loge leur puissance : la poésie médiévale nous aide à repenser les stéréotypes liés à la sénescence.
Mis à jour le 9 février 2022