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Enseigner la Bible en situation universitaire laïque

Journée d'étude / Centre TRANSLATIO

Le 6 novembre 2026

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Dans cette journée d'étude, organisée par Laurence Vianès, on s’intéressera à toutes les façons de traiter la Bible dans un enseignement dispensé à des adultes avec des visées autres que religieuses.

Un grand nombre d’universités publiques en France, ainsi que des institutions confessionnelles ou associatives, proposent actuellement des enseignements sur la Bible ou sur les notions fondamentales du christianisme, et dans une moindre mesure sur les autres religions. Une cartographie précise y repérerait sans doute des dynamiques impulsées par le rapport Debray, qui en 2002 préconisait « un enseignement du fait religieux dans l’école laïque » en argumentant que la méconnaissance de ce sujet prive les élèves de clés de compréhension historiques, littéraires et artistiques. 

Le rapport a été accueilli avec faveur par beaucoup d’universitaires, heureux de voir reconnue une utilité sociale éminente à des études qu’ils pratiquent professionnellement depuis toujours. Au bouillonnement suscité chez eux a répondu une certaine tiédeur du côté scolaire, de sorte que les propositions ne se sont que très partiellement transformées en réalités. De fait, il n’est pas étonnant que l’enseignement supérieur se soit plus volontiers emparé de ces thèmes. S’adressant à des adultes, il s’épargne largement les problèmes d’acceptabilité des contenus. Les libertés universitaires substituent à l’exigence de tenir un discours laïque sur des programmes définis, le principe de la multiplicité des voix et de la confrontation des opinions. 

Cela ne dispense pas entièrement l’enseignant de repérer et anticiper ce qui pourrait choquer, soit pour des raisons de violence ou d’obscénité, soit par le décalage avec les idées reçues de son public, et de trouver des façons d’y parer. 

D’autre part, on frôlait l’aporie sur la manière de former adéquatement les enseignants du secondaire, puisque l’institution ne peut se reposer sur la compétence que tel ou tel possède déjà à titre privé. C’est donc dans le cursus des étudiants destinés à devenir enseignants que réside une clé, afin qu’ils acquièrent la compétence nécessaire dans le courant de leurs études. Mais il faut noter que la majorité des enseignements universitaires actuellement proposés le sont à titre d’option, et s’interroger sur cette situation.

Commenter le texte sacré, transmettre le savoir sur les rites, constituent des activités religieuses aux yeux des religions du Livre, et même des activités fondatrices. En ôtant à cette très ancienne matière d’enseignement sa visée confessionnelle, on se trouve devant la nécessité de la réorganiser dans une nouvelle hiérarchisation où l’importance de chaque notion est réévaluée. Par exemple, dans une initiation à l’Ancien Testament, fera-t-on une place privilégiée aux prophéties traditionnellement vues comme des annonces du Christ ? Là où il n’est pas facile de répondre en général, des réponses ad hoc s’élaborent dans les différentes disciplines : un étudiant en histoire de l’art a sans doute besoin de connaître le christianisme différemment d’un étudiant en histoire, en sociologie, etc., ou d’un étudiant de lettres dissertant sur Pascal.

En effet, l’enseignement universitaire a toujours comporté l’étude des religions dans leurs textes, dans leurs pratiques, dans les communautés qu’elles forment et leur évolution historique ; et ce, de façon massive, tantôt par des disciplines dédiées, tantôt par celles qui y font référence pour atteindre leurs propres objets. L’initiation à ces connaissances devient alors un sujet d’égalité des chances à l’université. Quand la culture religieuse est laissée aux familles, elle n’en constitue pas moins (ou en constitue davantage) un capital culturel propre à fonder des élites. La diversité du public étudiant et adulte actuel demande un investissement. Car ce qui était autrefois pour la majorité l’équivalent d’une langue maternelle, connue même par ceux qui ne l’ont pas étudiée, ressemble de plus en plus à une langue étrangère, avec la caractéristique de celle-ci, qu’il faut l’acquérir dans un temps réduit. Cela justifie la recherche de méthodes efficaces.

Dans cette journée d’étude, on prend en considération le cas français et, pour une comparaison, le cas belge. On s’intéresse à toutes les façons de traiter la Bible dans un enseignement dispensé à des adultes avec des visées autres que religieuses : c’est-à-dire, sans supposer que le public ait foi dans le caractère inspiré du texte et lui reconnaisse une valeur unique.

Date

Le 6 novembre 2026
Complément date

9h00 - 16h00

Localisation

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Maison de la Création et de l'Innovation (MaCI)
Salle 209 (2e étage)
339 av. Centrale

Contact

laurence.vianesatuniv-grenoble-alpes.fr (Laurence Vianès)

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Publié le 23 octobre 2026

Mis à jour le 23 octobre 2026