Appel à propositionsRecherche

Histoires en vers (XVe-XVIe siècles)

26 avril 2022 - 31 mai 2022
Date limite d’envoi : 31 mai 2022
Ce colloque international, organisé par l'Axe 1 les 24 et 25 novembre prochains à Grenoble, se propose de réfléchir aux valeurs, fonctions et emplois du vers dans l’écriture narrative de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance.
Alors que la tendance à la mise en prose des textes narratifs en vers au XVe siècle est bien attestée, et alors que dans le courant du XVIe siècle l’écriture de l’histoire s’associe à la mise en œuvre d’une prose non ornée, des auteurs font le choix, au cours de cette période, d’écrire des histoires en vers. Qu’il s’agisse de chroniques historiques, de comptes rendus d’expéditions ou d’autres événements, d’épopées, de romans, de nouvelles ou de fables, c’est-à-dire de narrations fictionnelles ou non, le recours au vers est souvent perçu comme un écart. Les auteurs justifient parfois explicitement cette élection d’une écriture marquée, en évoquant alternativement une fonction mnémotechnique, un surcroît d’ornement, une propension à l’oralisation ou encore un soutien de la structuration du récit (surtout lorsque des strophes sont employées). Dans les faits, l’ancienneté de cette forme d’écriture (le genre romanesque émerge en vers) ou la sélection d’un type de vers perçu comme spécifiquement français (octosyllabe, décasyllabe ou un alexandrin selon les époques) semblent des moyens pour distinguer une œuvre d’originaux ou de sources, rédigés en français ou dans une autre langue, en prose, ou bien pour l’élever au sein d’un genre donné.

Le colloque se propose donc d’interroger les valeurs du vers dans les textes narratifs du XVe et du XVIe siècles, qu’ils soient fictionnels ou non. Nous faisons le pari que l’adoption inédite d’une vue d’ensemble sur les genres narratifs de deux siècles caractérisés par des mutations et des expérimentations littéraires de toutes sortes peut offrir une meilleure compréhension du phénomène. Quelques études ont commencé à explorer le rôle du vers : François Cornilliat a ainsi démontré la puissance épidictique des ornements de la versification ; Adrian Armstrong et Sarah Kay ont mis l’accent sur des œuvres à contenu didactique ; Catherine Croizy-Naquet et Michelle Szkilnik se sont intéressées aux rencontres du vers et de la prose ; Pascale Mounier a récemment montré en quoi l’écriture en style poétique se prêtait parfaitement à l’organisation d’un contenu narratif ; Ellen Delvallée a étudié les choix métriques de quelques Rhétoriqueurs dans leurs comptes rendus d’expéditions et chroniques. Il s’agit à présent de préciser les fonctions endossées par le vers avant tout selon les genres considérés, mais aussi selon les tranches chronologiques, selon les auteurs ou encore selon d’autres éléments contextuels à définir. Le but du colloque est de donner des éléments pour élaborer une typologie des emplois du vers dans l’écriture narrative de la fin du Moyen Âge et de la Renaissance. Cette typologie se veut attentive aux évolutions qui se manifestent d’un genre à l’autre et dans le temps au sein d’un même genre. La confrontation de textes, du vers au vers ou de la prose au vers, sera une méthode capitale pour parvenir à une compréhension fine des choix d’écriture.

Plusieurs pistes d’études sont ici proposées de manière non exclusive :
  • les contextes et les modes de diffusion de la production narrative en vers
  • les genres concernés
  • le style, la syntaxe et la métrique
Mis à jour le 28 avril 2022