SéminaireRecherche

Quelques réflexions sur les récits de formation et de destruction, sur le Bildungsroman et l’Antibildungsroman

le 9 mars 2021
18h00 - 19h30
Quatrième séance du séminaire CHARNIÈRES avec l'intervention de Enzo Neppi (Professeur de littérature italienne, Université Grenoble Alpes).
On situe la naissance du Bildungsroman en tant que genre littéraire à la fin du XVIIIe siècle, avec la publication des Wilhelm Meisters Lehrjahre de Goethe (1795-1796). Et c’est seulement au début du XIXe siècle que ce genre fut défini et théorisé par Dilthey dans son ouvrage Das Erlebnis und Dichtung. Lessing, Goethe, Novalis, Hölderlin (1907). Il semblerait donc légitime d’affirmer que le roman de formation est un genre typiquement moderne, qui a son âge d’or au XIXe siècle (pour en avoir la preuve il suffira de songer à des ouvrages classiques tels que Le Rouge et le Noir, Le père Goriot, Pride and Prejudice, Jane Eyre, David Copperfield, etc.), tout en reconnaissant qu’il est inséparable, dès son apparition, de sa parodie ou de son renversement, l’Antibildungsroman : rentrent dans cette catégorie à juste titre Lebens-Ansichten des Katers Murr de E.T.A. Hoffman (1819-1821), Die Verwirrungen des Zöglings Törleß de Robert Musil (1906) et Der Verschollene (Amerika) de Kafka (1914). Plus récemment il a été proposé de considérer le Bildungsroman, mais aussi le Erziehungsroman et le Künstlersroman comme des catégories d’un genre plus vaste incluant tous les récits, toutes les « histoires » ayant pour sujet principal ce que les anthropologues désignent comme le « passage à l’âge adulte », le « coming of age ».

Mais certains éléments du roman de formation ne sont-ils pas présents dans les littératures de toute les époques, aussi bien dans le conte merveilleux (tel qu’il a été défini par Propp) que dans les récits bibliques, la nouvelle médiévale, l’épopée grecque et latine, la tragédie, ancienne et moderne, sans oublier le roman chevaleresque, la Divine Comédie, La Recherche du temps perdu ?

Que peut-on apprendre en particulier de la comparaison entre la définition aristotélicienne de la tragédie et la définition moderne du Bildungsroman ? Et qu’en est-il de romans très récents tels que La figlia oscura d’Elena Ferrante ou Un amour impossible de Christine Angot ? Sont-ils des récits de formation ou de destruction, voire les deux à la fois ? Quelle place occupent-ils dans l’histoire de ce genre ? Voilà quelques-unes des questions qui seront posées dans cette conférence, à défaut de pouvoir y apporter une réponse.

En pratique

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Mis à jour le 22 avril 2021