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Appel à propositions / Axe 1, Programme 2 Manuscrits, génétique et éditions de textes
Du 1 février 2026 au 31 mai 2026
Le colloque, co-organisé par Paola Cifarelli (Université de Turin), Ellen Delvallée (Litt&Arts, CNRS/UGA, ANR RhéF-R) et Anne Schoysman (Université de Sienne), se déroulera du 21 au 23 janvier 2027 à Turin, où nombre de Rhétoriqueurs, de La Vigne à Lemaire ou à Marot, ont séjourné.
Date limite d’envoi : 31 mai 2026
Alors que l’« École des Rhétoriqueurs » était, au début du XXe siècle, enfoncée dans les derniers feux d’un Moyen Âge finissant, la réhabilitation d’un auteur comme Jean Lemaire de Belges est passée, avec Georges Doutrepont et Pierre Jodogne, par la recherche des sources italiennes de ses œuvres, représentant ainsi l’auteur en « Janus bifrons », regardant à la fois vers Moyen Âge et la Renaissance (Doutrepont 1934 ; Jodogne 1972). Si, depuis les travaux pionniers de Paul Zumthor (1978), la perspective n’est plus aujourd’hui de réhabiliter les Rhétoriqueurs et encore moins de les intégrer dans le récit téléologique de l’avènement d’une Renaissance parachevée par les poètes de la Pléiade, l’étude du rapport que ce groupe de poètes et historiographes de la fin du XVe et du début du XVIe siècle entretient avec les hommes de lettres italiens (poètes, historiens, humanistes, auteurs ou passeurs de textes) reste largement à effectuer.
C’est l’objet du présent colloque : au-delà de la représentation d’une culture italienne fantasmée (valorisée dans le positionnement d’un Robertet face à Chastelain ou questionnée dans la Concorde des deux langages de Lemaire), il s’agit de mettre au jour les contacts réels des Rhétoriqueurs avec la culture italienne, en vernaculaire ou en latin. Pétrarque ou Boccace semblent être convoqués par pratiquement tous les Rhétoriqueurs, de George Chastelain à Jean Bouchet, mais quel était leur accès réel aux textes des grands auteurs italiens et à ceux de leurs pairs et disciples en Italie ? Quels contextes, quelles figures italiennes ou italianophiles ont favorisé leur rencontre avec les écrits d’Italie, y compris les textes en latins des écrivains et historiens humanistes ? D’une certaine façon, le présent colloque entend reprendre le projet initial de Pierre Jodogne à propos de Lemaire, en l’étendant à l’ensemble des Rhétoriqueurs, tout en demeurant sensible à des particularités selon les auteurs, les générations ou les milieux d’origine (ville ou cour, de France, de Bourgogne ou d’autres régions). En prenant acte des conclusions de Pierre Jodogne selon lesquelles cette recherche ne saurait caractériser pleinement et à elle seule l’esthétique d’un ou des Rhétoriqueurs, il s’agit néanmoins de poser les fondements historiques et matériels d’une telle étude, qui apparaît comme inédite et nécessaire.
De fait, si les rapports entre la culture française et la renaissance italienne aux XVe-XVIe siècles ont déjà fait l’objet d’études, rares sont celles qui portent sur les Rhétoriqueurs (Balsamo 1998). Seul Lemaire a déjà été richement étudié dans cette perspective (Doutrepont 1934 ; Frappier 1963 (a et b) ; Jodogne 1972 ; Britnell 1998 ; Cornilliat 2009 ; Delvallée 2014 ; Desbois 2019 ; Schoysman 1992 et 2006, outre ses éditions). Les Bourguignons Chastelain et Molinet, lecteurs des auteurs et humanistes italiens, ont notamment été étudiés par Ludmilla Evdokimova (2019). Des traductions de Pétrarque par les Rhétoriqueurs Jean Picart et Jean Marot sont enfin signalées dans des articles (Mayer et Bentley-Cranch 1965 ; White 1968). Côté français, les études sur la dette de la littérature française à l’égard de la Renaissance italienne portent essentiellement sur la deuxième moitié du XVIe siècle (Balsamo 1992) ou bien sur des genres narratifs (Montorsi 2015 ; Sozzi 2022). Côté italien, le projet pourra s’appuyer sur les études retraçant la fortune des poètes du Quattrocento en France (Hauvette 1909 ; Simone 1961 et 1968 ; Françon 1974 ; Balsamo 2004). Les plus récents travaux sur la réception de Pétrarque en France autour de 1500, menés par A. Turbil, se situent dans une perspective linguistique (Turbil 2020 a et b). Enfin, de nombreuses pages sur les Rhétoriqueurs et l’Italie se trouvent du côté des historiens, notamment dans des études consacrées aux expéditions militaires de Charles VIII, Louis XII et François Ier (Nardone 2002 et 2006 ; Hochner 2006 ; Dumont 2013 et 2015).
D’une manière plus globale, les contacts entre France et Italie au cours de la période du moyen français sont encore largement à explorer : ils feront bientôt l’objet d’un programme de recherches concernant les circulations des Italiens en Europe à la fin du Moyen Âge (XIIIe-XVe siècles), mené par Cécile Caby, Xavier Hélary et Gabriella Parussa (dans le cadre de l’initiative Circulations médiévales portée par Sorbonne-Université), que viendra couronner le prochain colloque de l’AIEMF à l’été 2027, avec lequel le présent colloque entend entrer en résonnance.
Modalités
Les propositions de communication, comprenant un titre et un résumé d’environ 200 mots, sont à envoyer à ellen.delvallee
univ-grenoble-alpes.fr (Ellen Delvallée) d’ici le 31 mai 2026.
Date
Contact
ellen.delvallee
univ-grenoble-alpes.fr (Ellen Delvallée)
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