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Soutenance de Christophe Olivier – Sociologie

le 24 janvier 2022
14h00
Vertical Belle Époque (approche par la science-fiction de la notion d'espace en socio-anthropologie)

Résumé

Ce travail mène une double réflexion sur la place théorique de la notion d’espace en socio-anthropologie et l’usage de la littérature de science-fiction (SF) dans la méthodologie de la discipline

Des considérations historiques montrent comment la spatialité est d’abord pensée en Occident par la philosophie et les sciences de la nature pour leur propre compte, en rapport plus ou moins lointain avec les pratiques spatiales. Puis lors de la constitution des sciences sociales, la notion se retrouve au cœur de luttes interdisciplinaires, ce qui débouche sur son invisibilisation relative en sociologie. Un nouvel intérêt pour l’espace s’y fait jour depuis quelques décennies, mais sans qu’un corpus théorique n’ait encore vraiment émergé. 

Dans ce contexte, l’usage de la SF apparaît comme un moyen parmi d’autres de libérer l’imagination sociologique. Sa pertinence s’appuie sur deux constats : il s’agit d’une littérature de la distanciation, qui permet la mise en risque d’objets théoriques divers dans des contextes inédits ; d’autre part, elle possède une tendance caractéristique à thématiser l’espace

Ces réflexions préalables sont alors suivies d’une tentative d’expérimentation concrète de cette méthodologie sur le terrain de la constitution de la dimension verticale dans le monde occidental autour des années 1880. Après un premier cadrage théorique du vertical socio-anthropologique appuyé sur la synthèse récente de Martina Löw en sociologie de l’espace (2016), ainsi que sur les travaux de James Gibson, l’étude s’effectue grâce à trois œuvres : Robur-le-Conquérant de Jules Verne, Le Vingtième Siècle d’Albert Robida et Ignis de Didier de Chousy. 

En s’appuyant sur les différentes structures thématiques et narratives, on dégage alors plusieurs idéal-types de la constitution du vertical à la Belle Époque, dont les plus saillants sont les schèmes de la Parade et du Complexe vertical urbain, rassemblant à eux deux de nombreuses dimensions symboliques et sensibles du spacing et de la synthèse spatiale. Ces idéal-types sont susceptibles de devenir des guides pour une étude socio-historique empirique.

Composition du jury

  • Florent GAUDEZ (Professeur, Université Grenoble Alpes, Directeur de thèse)
  • Jean-Louis FABIANI (Directeur d'études, EHESS-Paris & Central European University, Rapporteur)
  • Bruno PÉQUIGNOT (Professeur émérite, Université Sorbonne Nouvelle, Rapporteur)
  • Irène LANGLET (Professeure, Université Gustave Eiffel, Examinatrice)
  • Anna SAIGNES (Maîtresse de conférences HDR, Université Grenoble Alpes, Examinatrice)
  • Pascal VALLET (Professeur, Université Paris-Nanterre, Examinateur)
  • Éric VILLAGORDO (Maître de conférences, Université de Montpellier, Examinateur)

En pratique

Soutenance organisée en présentiel et à distance : lien Zoom.
 

Localisation

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
Bâtiment Stendhal
Petite salle des colloques (aile G, 4e étage)
Mis à jour le 11 janvier 2022