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Soutenance de Maxime Kamin – Lettres et arts spécialité littérature générale et comparée

le 22 octobre 2021
13h00
Représentations et poétiques du jeu dans la poésie française (langue d'oïl et d'oc) et latine du Moyen Âge (XIIe-XIIIe siècles)
Résumé
L’historiographie et la critique littéraire sont longtemps restées indifférentes à la place que tiennent les jeux dans la culture médiévale. La raison tient sans doute à la tradition de défiance dont s’entourent les activités ludiques, au mieux considérées par les autorités ecclésiastiques et civiles comme un passe-temps insignifiant et secondaire, au pire comme une vaine et coupable distraction susceptible de nuire à l’ordre social. La difficulté que rencontre par ailleurs la recherche à préciser les limites conceptuelles de cette notion mouvante et plurielle explique aussi qu’elle n’accède que tardivement au rang d’objet d’étude, et échappe encore relativement à l’intérêt de la critique. Si l’historiographie littéraire a jusqu'à présent centré son attention sur la seule dimension récréative des loisirs médiévaux, les jeux ne peuvent cependant être relégués au statut de simples divertissements. Situant notre réflexion dans l'héritage des réflexions de Johan Huizinga et de Roger Caillois, nous avançons l'idée que le jeu, qui présente des points de rencontre avec le fonctionnement de la métaphore, se conçoit comme un outil d’analyse qui permet d’appréhender les codes et les valeurs qui structurent une société, d’orchestrer leur représentation et de leur assigner un sens.

Resserrant notre étude autour du XIIe et du XIIIe siècle, période qui nous paraît d'autant plus favorable qu'elle correspond également à un temps d'élaboration de la culture métaphorique en langue latine et française, nous nous proposons d'interroger les différents contenus conceptuels dont l'image du jeu soutient l'expression dans les lettres médiévales. Optant pour une approche comparatiste, nous confrontons les multiples variations de cette métaphore à travers un corpus d’œuvres qui mettent à l'honneur des auteurs qui se rattachent à différentes aires géographiques et culturelles. Si l'amour constitue notre premier champ d'analyse, en particulier centré sur la production poétique des trouvères, d'auteurs en langue d'oc et d'expression latine, notre réflexion se poursuit par l'examen des usages allégoriques du jeu d'échecs dans la poésie cléricale et savante, et du jeu de dés chez un poète comme Rutebeuf et dans les Carmina Burana. Notre dernière partie, enfin, interroge le rôle que tient le signifiant ludique pour désigner chez certains auteurs, en particulier chez Baudri de Bourgueil, la composition poétique elle-même. Notre travail de thèse entend ainsi comprendre comment les pratiques ludiques concourent dans les lettres médiévales à la formation d'un savoir sur les situations fondamentales de l'existence humaine, et comment se constitue leur fonction épistémique.

Composition du jury
  • Estelle DOUDET (Professeure, Université Grenoble Alpes, Directrice de thèse)
  • Joëlle DUCOS (Professeure, Sorbonne Université - Paris 4, Rapporteuse)
  • Mattia CAVAGNA (Professeur, Université Catholique de Louvain, Rapporteur)
  • Caterina MENICHETTI (Professeure associée, Université de Lausanne, Examinatrice)
  • Fleur VIGNERON (Maîtresse de conférences HDR, Université Grenoble Alpes, Examinatrice)
  • Amandine MUSSOU (Maîtresse de conférences, Université de Paris, Examinatrice)

Localisation

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
Bâtiment Stendhal
Salle des Actes (aile Z, RdC)
Mis à jour le 14 octobre 2021