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“Je” pluriels, “je” hybrides (XVIIIe siècle - premier XXe siècle)

Séminaire du centre Charnières

Centre CHARNIÈRES, Recherche, “Je” pluriels, “je” hybrides

Le séminaire du centre Charnières portera cette année sur les formes et les pratiques d’écriture où, du XVIIIe au premier XXe siècle, s’élabore un usage pluriel ou hybride de la première personne.

C’est-à-dire où l’autoréférence (évocation de soi-même, expression de l’existence singulière, récit de l’histoire individuelle…) se trouve doublée, enrichie, voire problématisée par d’autres fonctions et d’autres effets de la première personne ; où, en sens inverse, ses usages philosophiques, méthodologiques, poétiques, rhétoriques sont susceptibles d’être travaillés par l’autoréférence ; où l’emploi de la première personne s’accompagne d’une certaine complexité voire d’une ambiguïté du système énonciatif, au rebours de la certitude ou de la fixation identitaire.

Les enjeux des formes et des pratiques que le séminaire se propose d’étudier sont ainsi sociaux et politiques (par exemple lorsque le « je » associe l’autoréférence à une prise de parole aux implications plus larges), philosophiques (à partir d’une réflexion sur les liens entre écritures à la première personne et conceptualisations de l’identité, mais aussi entre ces écritures et la théorie de la connaissance, la philosophie morale…), rhétoriques, génériques et poétiques dans les divers sens du terme (complexité et/ou ambiguïtés de l’énonciation à la première personne dans les récits en « Je », dans les écritures diaristes… ; ressources de la première personne poétique ; rapports entre emplois exploratoires de la première personne et brouillage ou hybridation génériques), médiatiques (le séminaire porte ainsi de manière privilégiée sur la période ouverte par la « révolution médiatique » des Lumières, évoquée notamment par Antoine Lilti, sans que des ouvertures vers d’autres moments significatifs soient exclues)… Ils pourront aussi être interrogés à partir des problèmes de l’intermédialité : comment l’énonciation et la symbolisation de soi peuvent-elles s’envisager dans une continuité entre lisible et visible, entre écriture et expérimentation graphique ? comment les circulations entre supports produisent-elles d’autres formes d’hybridation ou de pluralisation du « je » ?

Sensible à l’historicité des formes, des idées et des pratiques, la réflexion collective se fondera sur l’étude d’exemples précis.

En pratique

Le séminaire a lieu de 17h30 à 19h30. 
La participation en présence est privilégiée, mais un lien pour suivre les séances en visioconférence peut être demandé à jean-christophe.igalensatuniv-grenoble-alpes.fr (Jean-Christophe Igalens).

Séances 2026-2027

* 20 octobre (salle C307, bâtiment Stendhal) : Séance de rentrée. Présentation des conférences de l’année et atelier (textes partagés), par Jean-Christophe Igalens (UGA)
* 3 novembre (salle des Conseils, MLC) : Marie-Hosanna Chauvin (Lyon 2), « Les stratégies d’énonciation dans Le Journal des Dames (1759-1778) »
* 1er décembre (salle des Conseils, MLC) : Eran Horowitz (UGA), « Éducation, jugement et première personne dans Zulma (1794) et d’autres textes de Madame de Staël »
* 2 février (salle Jacques Cartier, MLC) : Sylvain Ledda (univ. de Rouen Normandie), « Alfred de Musset ou le je choral »
* 2 mars (salle des Conseils, MLC) : Déborah Cohen (univ. de Rouen Normandie) : « Usages du “je” et subjectivation politique chez Théroigne de Méricourt » (titre provisoire)
* 23 mars (salle Jacques Cartier, MLC) : Conférence de Damien Zanone (univ. Paris-Est Créteil) sur George Sand
* 6 avril (salle des Conseils, MLC) : Gabrielle Bornancin-Tomasella (UGA), « “Je suis l’autre”. Autour du “je” nervalien, bilan critique et perspectives »

Séances 2025-2026

Contact

jean-christophe.igalensatuniv-grenoble-alpes.fr (Jean-Christophe Igalens)

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Publié le 14 novembre 2025

Mis à jour le 14 octobre 2026