- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur X
- Partager sur LinkedIn
Séminaire / Centre CINESTHEA, Pourparlers, Recherche
Le 25 février 2026
Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
Séminaire du centre CINESTHEA : “Pourparlers” – séance 4
Dialogue entre Guillaume Bourgois (Litt&Arts, UGA) et Laurent Demanze (Litt&Arts, UGA)
Série « Le faussaire dans ses œuvres » proposée par Guillaume Bourgois
Si Deleuze explique dans Cinéma 2. L’Image temps (1985) que le faussaire est le « personnage-même du cinéma » vue la complexification des rapports entre le vrai et le faux et leur hybridation à l'ère des images-temps, ne faudrait-il pas dire qu'il est devenu le personnage de notre époque ? À l'heure où circulent les fake-news et où des mémoires de Master sont rédigés à l'aide de ChatGPT, le faux et le faussaire se sont confortablement et durablement installés dans nos vies. Faisant le pari que le non-vrai sous toutes ses formes (l'artifice, le mensonge, la fiction, la simulation…) ne doit pas être uniquement réduit à l'utilisation oppressive qu'en font les figures de pouvoir contemporaines, et qu'il faut l'interroger par-delà les barrières territoriales, les rencontres « Pourparlers » réuniront des spécialistes de diverses disciplines (Littérature, Arts du spectacle, Histoire de l'art, Philosophie). Ils et elles uniront leurs forces dans une volonté commune de questionner leurs objets d'étude et leurs pratiques à l'aune du faux et des faussaires, et ce afin de comprendre et de donner à comprendre en quoi les « puissances du faux » évoquées par Deleuze en s'inspirant de Nietzsche ouvrent des trajectoires de recherche nouvelles à même de faire apparaître de joyeuses modalités de penser et d'existence.
Dans cette nouvelle séance, Guillaume Bourgois, maître de conférences en Études cinématographiques, dialoguera avec Laurent Demanze, professeur en Littérature contemporaine.
Emmanuel Carrère : le roman d'un menteur
En publiant L'Adversaire en 2000, Emmanuel Carrère abandonne l'écriture romanesque pour se tourner vers la non-fiction, dont il est devenu une figure essentielle. Pourtant ce court texte qui constitue le compte-rendu de son rapport contrarié et complexe à l'affaire Romand, est aussi une réflexion sur les fictions mensongères qui trament nos existences. Jean-Claude Romand a en effet bâti pendant des années son existence sur des mensonges, faisant croire à tous qu'il était médecin à l'OMS notamment, trompant tous ses proches : au moment où cet édifice d'impostures allait s'effondrer, il a assassiné sa femme, ses enfants et ses parents, et tenté d'assassiner sa maîtresse. Ces meurtres qui ont bientôt révélé l'ampleur de la supercherie ont suscité incrédulité et stupéfaction parmi ses proches.
Le mensonge à l'origine de ces multiples meurtres relève du désir de s'inventer des vies moins ordinaires, au cœur de l'écriture romanesque. Mais le mensonge est tout autant dans ce bref récit l'enjeu d'une exploration esthétique, éthique et économique. C'est tour à tour le roman comme manipulation du monde, comme exploration du mal inhérent au mensonge et comme mise à mal du crédit au fondement de nos fonctionnements sociaux. Cette réflexion s'appuiera en contrepoint sur La Classe de neige, dernier roman écrit par Emmanuel Carrère, au moment où il pense abandonner l'affaire Romand, dont il propose ici une transposition romanesque.
Date
16h00 - 18h00
Localisation
Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
Maison de la Création et de l'Innovation (MaCI)
339 av. Centrale
Salle de cinéma - Sonimage (2e étage)
Contact
fabienne.costa
univ-grenoble-alpes.fr (Fabienne Costa)
En savoir +
- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur X
- Partager sur LinkedIn