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Journées Doctorales – Territoires en métamorphoses

Appel à propositions / Doctorants et doctorantes

Du 20 janvier 2026 au 13 mars 2026

Pour la onzième année consécutive, les doctorantes et doctorants de l'UMR Litt&Arts organisent les 20 et 21 mai 2026 leurs Journées Doctorales autour d'un nouvel axe de recherche : “Territoires en métamorphoses”.

Des Métamorphoses d’Ovide à Croire aux Fauves de Nastassja Martin, en passant par La Métamorphose de Franz Kafka ou La Mouche de David Cronenberg, la notion de métamorphose, voisine de celle d’hybridité, ne cesse de réapparaître au fil des siècles tout en traversant les frontières disciplinaires. Mobilisée pour son pouvoir créateur de mythe, en tant qu’opératrice de mutation, lieu rhétorique ou genre littéraire, la métamorphose est définie par son étymologie comme un « changement » de « forme » et engage, d’après Francis Berthelot dans La Métaphore généralisée (1993), tantôt un sujet, un agent, un processus ou un produit. Cela étant, la métamorphose devient dans l’Antiquité et surtout à partir du XVIe siècle un thème artistique et scientifique privilégié (Azoulai, 2019) pour interroger nos rapports au mouvement et au renouvellement, qui intéressent aussi bien le perpetuum mobile renaissant (Jeanneret, 1997) que l’anticipation et la science-fiction dès le XIXe siècle. Si l’imaginaire des métamorphoses nourrit des conceptions différenciées et évolutives du temps, de la vie et de la nature depuis des siècles, nous proposons de renouveler son approche par une perspective spatiale (Soja, 1989). Sans écarter l’enjeu fondamental des états du corps[1], ces Journées Doctorales se présentent ainsi comme une occasion de faire un sort à d’autres types de métamorphoses, que l’on pourrait qualifier de territoriales.

L’ère de l’anthropocène est marquée par la multiplication d’identités en métamorphoses, par la prise en compte des changements brusques des milieux de vie et même par l’entrée en crise de nos conditions d’habitabilité planétaire. C’est dans ce contexte qu’il s’agit de mettre la question de la métamorphose en regard de celle du territoire, dans le sillage de la géographie littéraire et de l’écocritique notamment (Collot, 2014). Du côté des sciences humaines, le géographe Hervé Brédif définit la notion de territoire dans Réaliser la Terre (2021, p. 149) en distinguant : (1) le territoire biophysique, (2) le territoire national, (3) le territoire « comme matrice culturelle et lieu de fabrique identitaire » et (4) les néo-territoires de la mondialisation. Si Hervé Brédif consacre une réflexion géographique à « la métamorphose des territoires » (ibid., p. 141-180) dans cet ouvrage, on pourra éventuellement s’appuyer sur cette partition afin d’explorer le devenir des formes, des usages et des pratiques littéraires, artistiques et linguistiques associés à divers territoires. Les arts et les langues nous semblent en effet susceptibles de porter une trace formelle ou symbolique de certaines mutations spatiales – ce qui travaille également un implicite à lever du côté des (r)évolutions de nos imaginaires des territoires (Domenach, 2022). Au sein des œuvres, les mutations de certains territoires concilient effectivement la temporalité et la spatialité du processus de métamorphose, problématisant aussi bien le positionnement du regard posé sur ces transformations que les valeurs et les enjeux de ces territorialités métamorphiques. Par exemple, un roman comme La Verticale du Fleuve de Clara Arnaud ou un court-métrage tel que La Disparition des Aïtus de Pauline Jullier mettent au jour des territoires en métamorphoses ; l’étude interdisciplinaire Zones. Terre, sexes et science-fiction (2025) proposée par Jeanne Etelain s’empare des devenirs complexes d’un espace flottant et interstitiel désormais central… que dire alors des mutations de « la pensée-paysage » (Collot, 2011) diversement à l’œuvre dans de telles propositions ?

L’exploration de territoires en métamorphoses à laquelle nous vous invitons se limite aux XXe et XXIsiècles. Si les discussions s’orienteront du côté des arts et de la linguistique, qui constituent l’empan disciplinaire des Journées Doctorales, les propositions qui dialoguent avec les sciences humaines et sociales seront aussi bienvenues. Les communications pourront éventuellement s’articuler autour de trois axes :

  • Espaces et matérialité
  • Perception et imaginaires
  • Circulations


[1] « Métamorphoses : le corps dans tous ses états », journée d’étude organisée en 2022 à Sorbonne Université.

Modalités

Cet appel s’adresse à des chercheur·euses et jeunes chercheur·euses qui souhaitent présenter leurs travaux à l’Université Grenoble Alpes à l’aune d’un ou plusieurs de ces axes durant les Journées Doctorales de l’UMR Litt&Arts. Nous accueillerons des communications traditionnelles de 20 minutes, mais aussi des interventions de formats différents qui questionnent ces thèmes – du côté de la performance, de l’atelier, de l’exposition ou du court-métrage par exemple.

Les propositions d’intervention, d’une longueur maximale de 350 mots et accompagnées d’une brève notice bibliographique, sont à envoyer par mail aux quatre membres du comité d’organisation avant le 13 mars 2026. Les réponses parviendront à la fin du mois de mars au plus tard.

Comité d’organisation

  • elise.clerteauatuniv-grenoble-alpes.fr (Élise Clerteau)
  • mathilde.gansemeratuniv-grenoble-alpes.fr (Mathilde Gansemer)
  • koffi-felix.kouakouatuniv-grenoble-alpes.fr (Koffi-Félix Kouakou)
  • louise.micouinatuniv-grenoble-alpes.fr (Louise Micouin)

Date

Du 20 janvier 2026 au 13 mars 2026
Complément date

Date limite d'envoi : 13 mars 2026

Contacts

elise.clerteauatuniv-grenoble-alpes.fr (Élise Clerteau)
mathilde.gansemeratuniv-grenoble-alpes.fr (Mathilde Gansemer)
koffi-felix.kouakouatuniv-grenoble-alpes.fr (Koffi-Félix Kouakou)
louise.micouinatuniv-grenoble-alpes.fr (Louise Micouin)

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« Arts, Savoirs, Indisciplines », le blog des doctorant·es de Litt&Arts

Publié le 9 février 2026

Mis à jour le 9 février 2026