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Journée d'étude / Centre CINESTHEA, Recherche
Le 16 juin 2026
Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
Co-organisée par Claire Allouche et Vanessa Nicolazic (Litt&Arts), et Rémy Besson (Université de Montréal), cette journée sera l’occasion de faire dialoguer chercheur·ses et professionnel·les des institutions patrimoniales autour d’un objet pluriel et labile.
Le terme de rush (ou rushes au pluriel) désigne l’ensemble des plans tournés – tirés sur positif, à l’époque de l’argentique –, et présentés à l’équipe du film avant de servir au montage. Dans le processus de fabrication cinématographique, les rushes image et son représentent donc un objet intermédiaire dont l’état est amené à se transformer au fur et à mesure des étapes, du tournage à la postproduction, ou à rester un matériel brut dans le cas de films inachevés. Porter attention à ces archives filmiques et sonores en tant que source pour une génétique des processus de création (Genesis, n° 28, 2007) et, plus généralement, pour l’histoire du cinéma et de l’audiovisuel, soulève d’emblée des problèmes méthodologiques notamment abordés dans la revue Sonorités en 2021. Le numéro 47 intitulé « Du film aux archives audiovisuelles… et réciproquement : itinéraires de rushes » met en avant la nature polymorphe de ces archives qu’il convient d’interroger à partir de celles et ceux qui les produisent, qui les conservent et les utilisent à des fins de recherche ou de création. Les contributions montrent ainsi comment et pourquoi ces archives ne doivent pas seulement être appréhendées au travers leur production, mais aussi à partir de leur exploitation comme le propose la chercheuse en archivistique, Anne Klein (Archive(s), mémoire, art, 2019). C’est selon une perspective similaire, articulant production et exploitation, que s’est déroulée la journée d’étude « Les rushes, archives de la création cinématographique », organisée en 2021 par Jean-Philippe Trias (laboratoire RiRRa21, Université Paul-Valéry de Montpellier).
La présente journée d’étude vise à prolonger ces réflexions dans le champ des études cinématographiques en examinant les politiques de collecte et de conservation des rushes, ainsi que la manière dont les chercheur·ses convoquent ces archives en tant qu’objet historique, social et esthétique. Si les cinémathèques à travers le monde ne sauvegardent pas systématiquement ce type d’élément, d’autres centres d’archives poursuivent toutefois cette mission. En France, ce sont notamment les Archives nationales ou encore le département audiovisuel de la BnF. Depuis 1995, la Bibliothèque de documentation internationale contemporaine (devenue La Contemporaine) mène ainsi une collecte active auprès de réalisateur·ices de films documentaires, et ce, dans le but de produire de nouvelles sources orales susceptibles d’être mobilisées dans des travaux en sciences humaines et sociales. Les procédures de collecte, d’identification et de description des rushes au sein de ces lieux institutionnels posent des questions pratiques et politiques qu’il s’agira d’aborder en croisant les points de vue de professionnel·les des archives et de chercheur·ses. Les problématiques entourant la conservation seront l’occasion de considérer la dimension matérielle, juridique, économique et écologique du cinéma, à travers différents supports (argentique, analogique et numérique), états (positif, négatif, copie de travail, chutes) et modalités d’accès. Selon les périodes, les conditions de production et de conservation, les rushes peuvent représenter un volume abondant – si l’on pense aux 220h liées à Shoah (1985) –, et, dans le cas des chutes, ces archives peuvent être parcellaires. Dès lors, comment étudier ces éléments ? Quels autres types d’archives (film et non film) peuvent être reliés à ces documents ? Et, enfin, dans quelle mesure la prise en compte des rushes s’inscrit-elle et/ou renouvelle-t-elle nos méthodologies en études cinématographiques ? À travers la présentation de cas d’études variés (vidéo militante, cinéma anthropologique et documentaire, film d’intervention sociale) relevant de productions passées et contemporaines, cette journée souhaite contribuer aux réflexions développées dans trois récents ouvrages collectifs, Shoah, après Lanzmann (R. Besson et E. Levine, dir., 2026), Éprouver l’archive (I. Castro, A. Roblès et J. Savelli, dir., 2026) et Possibles inachevés (V. Brito et V. Jacques, dir., 2026). Considérer les rushes comme des archives en devenir et des objets de rebut permet de déplacer notre regard vers des formes inachevées, mais aussi vers des gestes, des pratiques et des individus souvent invisibilisés.
Date
9h00 - 17h00
Localisation
Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire
Maison de la Création et de l'Innovation (MaCI)
339 av. Centrale
Salle de cinéma - SonImage (2e étage)
Contacts
claire.allouche
univ-grenoble-alpes.fr (Claire Allouche)
vanessa.nicolazic
univ-grenoble-alpes.fr (Vanessa Nicolazic)
Rémy Besson (Université de Montréal)
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Partenaire
Laboratoire CinéMédias (Université de Montréal)

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