- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur LinkedIn
Appel à propositions / Axe 4 - Arts, savoirs et société
Du 1 septembre 2026 au 15 octobre 2026
Cette journée d'étude sera co-organisée par Larissa Muraveva (UMR Litt&Arts), Myriam Geiser (ILCEA4) et Julie Gerber (ILCEA4) à l'Université Grenoble Alpes les 24 et 25 juin 2027.
Date limite d’envoi : 15 octobre 2026
Le 24 février 2022 a constitué un tournant non seulement dans l’histoire politique récente, mais aussi dans l’histoire du champ littéraire russophone. L’émigration massive d’écrivain·es, de journalistes et d’acteur·rices culturel·les, conjuguée à l’impossibilité de toute expression libre au sein de l’espace littéraire officiel en Russie, a entraîné une transformation rapide de l’infrastructure éditoriale : de nouvelles maisons d’édition en exil ont vu le jour – Freedomv Letters (Lettonie), Vidim Books (Slovaquie), Fresh Verlag (Allemagne), Éditions Tourgueneff (France), shell(f) (Serbie), Papier-Mâché (Géorgie), Meduza (Riga), Tamizdat Project (États-Unis), Hyperboreus (Stockholm), entre autres ; de nouveaux modèles de distribution ont émergé, ainsi que des formats parallèles de production éditoriale et des communautés transnationales d’auteur·rices et de lecteur·rices. Dans les foyers de la nouvelle diaspora russophone – Berlin, Paris, Tbilissi, Erevan, Istanbul, Tel-Aviv – des librairies russophones ont ouvert ou étendu leurs activités, devenant des espaces de vie culturelle et de rencontres publiques ; à Prague, Paris et Berlin se tiennent désormais des foires annuelles consacrées à la littérature non censurée. […]
Face à [une] double fragmentation – institutionnelle et linguistique –, cette journée d’étude part de l’hypothèse que l’analyse de cette littérature (prose, théâtre, poésie) requiert un double mouvement théorique : d’une part, un dialogue critique avec la tradition des études sur la littérature en exil russe ; d’autre part, un recours sélectif et réflexif aux migration studies, aux théories de la postmigration et à la littérature comparée. […] L'attention se portera en particulier sur les œuvres d’auteur·rices russophones traduites en français, en allemand et/ou en anglais.
Axes de réflexion
- Axe 1 — Questions méthodologiques : applicabilité des études (post)migrantes à la littérature russophone post-2022 ; pertinence et limites des catégories existantes (exil, diaspora, (post)migration) ; spécificité d’une littérature constituée dans un contexte de conflit, de censure et de répression
- Axe 2 — Poétique et politique : diversité générique de la littérature russophone en exil (poésie, autofiction, biofiction, littérature testimoniale, journal intime, essai, etc.) ; place particulière du théâtre russophone en exil, question de la langue et de la transmission que soulève l’immédiateté de la représentation scénique ; articulation entre éthique et esthétique ; construction de la posture auctoriale ; le « nouveau tamizdat » et la tradition de la littérature émigrée russe — continuité ou rupture.
- Axe 3 — Langue, multilinguisme et translinguisme : choix de la langue comme acte poétique et politique ; écriture translingue ; abandon de la langue dite « maternelle » et postures postmonolingues (Yildiz 2012) ; pratiques de traduction et d’autotraduction ; rapports entre langue d’origine et langue d’accueil.
- Axe 4 — Réception et contextes d’accueil : attentes institutionnelles et éditoriales des pays d’accueil ; émergence de nouveaux prix littéraires et de plateformes transnationales de valorisation ; formation de la posture littéraire (J. Meizoz, G. Sapiro) entre autonomie littéraire et demandes du marché ; visibilité et invisibilité de la littérature russophone en exil ; asymétries de la réception internationale.
- Axe 5 — Infrastructure éditoriale, champs littéraires et réseaux numériques : reconfigurations du champ littéraire russophone après 2022 ; nouveaux modèles éditoriaux et de distribution ; « nouveau tamizdat », rôle de l’environnement numérique dans la production et la circulation des textes ; communautés en ligne et samizdat numérique.
- Axe 6 — Écriture décoloniale et études postcoloniales : rapport à la langue russe comme langue d’héritage impérial ; réécriture des récits impériaux ; voix subalternes et identités non russes dans la littérature russophone en exil ; dialogue avec les théories postcoloniales et décoloniales appliquées à l’espace postsoviétique.
- Axe 7 — Écriture des traumatismes : étude des textes sur l’émigration dans le contexte des trauma studies ; problème de la vulnérabilité et de la construction du sujet vulnérable ; problème du rapport entre l’esthétique et l’éthique dans la réception des textes relatant le trauma ; frontière entre littérature et témoignage.
Modalités
Les langues de travail sont l'anglais et le français. Les propositions de communication (maximum 500 mots), le titre (provisoire) de la future communication ainsi qu’une courte bio-bibliographie (200 mots) sont à envoyer avant le 15 octobre 2026 à l’adresse suivante : exilrussophone2027
gmail.com (exilrussophone2027[at]gmail[dot]com). Une publication pourra être envisagée à l’issue de la journée d’étude.
Comité d’organisation : Myriam Geiser (CERAAC / ILCEA4, Université Grenoble Alpes), Julie Gerber (CESC / ILCEA4, Université Grenoble Alpes) et Larissa Muraveva (UMR Litt&Arts, Université Grenoble Alpes).
Date
Contact
exilrussophone2027
gmail.com (Comité d'organisation)
- Imprimer
- Partager
- Partager sur Facebook
- Partager sur LinkedIn