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Écoutes plurielles. Faire résonner les récits réduits au silence. L’éthique cinématographique de João Dumans

Séminaire / Centre CINESTHEA, Pourparlers

Le 18 novembre 2026

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Visage éclairé d'un homme dans la nuit
Photogramme du film Arábia (2017) de João Dumans et Affonso Uchôa

Séminaire du centre CINESTHEA : “Pourparlers” – séance 3
Dialogue avec João Dumans (réalisateur, scénariste, monteur et enseignant en cinéma basé à Belo Horizonte, Brésil) organisé par Claire Allouche, maîtresse de conférences en Études cinématographiques (Litt&Arts, UGA) et Marco Sanchis, doctorant en Études cinématographiques (Litt&Arts, UGA)

Série « Écoutes plurielles » proposée par Claire Allouche 

Dans son récent ouvrage Libertés d’écoute. Le son, véhicule de la relation, l’ingénieur du son et chercheur Daniel Deshays réfléchit à ce que serait une « écoute collective », autant dans l’appréciation d’œuvres artistiques que de bruissements de notre environnement. Il expose que, par nature, « une écoute n’est pas une lecture continue et linéaire mais une collection d’écoutes assemblées en discontinuité ». Cette nouvelle série du séminaire « Pourparlers » sera l’occasion de travailler ensemble à entendre du mieux que nous pouvons, en privilégiant les échos à l’unisson. Pour cela, nous porterons notre attention sur des œuvres contemporaines (cinématographiques, littéraires, sonores…) qui mettent nos ouïes à l’épreuve. En dialoguant chaque fois avec un·e spécialiste d’une discipline et/ou un·e artiste, nous questionnerons ce qu’une écoute active et consciente peut produire de formes esthétiques originales, mais aussi ce qu’elle engage de transformation de nos dispositions de réception. En ce sens, chaque séance donnera lieu à un moment d’écoute commune d’une œuvre singulière, selon une modalité particulière. 

Épisode 4 de la série
Faire résonner les récits réduits au silence. L’éthique cinématographique de João Dumans

Cette séance se déroulera en deux temps :

— Mardi 17 novembre, 20h30, cinéma Le Club (9 bis rue du Phalanstère à Grenoble) : projection d’Arábia (2017) de João Dumans et Affonso Uchôa, suivie d’un débat avec João Dumans

— Mercredi 18 novembre, 17h30 - 19h30, MaCI (salle de cinéma - Sonimage) : séminaire « Pourparlers » avec João Dumans autour de son travail, à partir d’une projection d’extraits

La veille du séminaire, le mardi 17 novembre à 20h30, aura lieu une projection de Arábia (2017), au cinéma Le Club (9 bis rue du Phalanstère, 38000 Grenoble), en présence de João Dumans. 

Ce premier long métrage de João Dumans, coréalisé avec Affonso Uchôa, sera montré pour la première fois à Grenoble après avoir été projeté dans plus d'une centaine de festivals à travers le monde, tels que le Festival de Rotterdam, BFI, Saint-Sébastien, New Directors/New Films, FID Marseille et Viennale.

L’œuvre cinématographique de João Dumans s’attache à faire entendre des voix socialement marginalisées du Brésil contemporain pour en contempler la puissance subjective et l’ampleur romanesque, à travers un patient processus de création, ancré dans la cohabitation avec les personnes filmées. Son cinéma bâtit un lieu d’écoute, où la souffrance d’existences malmenées par une société violemment inégalitaire est rattrapée par la force d’expériences en partage et le travail d’un récit de soi salvateur. En ce sens, les films de João Dumans répondent à ces mots de Jacques Rancière dans Malaise dans l’esthétique : « ceux qui “n’ont pas” le temps prennent ce temps nécessaire pour se poser en habitants d’un espace commun et pour démontrer que leur bouche émet bien une parole qui énonce du commun et non seulement une voix qui signale la douleur ».

Arábia (2017), premier long métrage coréalisé avec Affonso Uchôa, retrace la trajectoire de Cristiano, ouvrier précaire, à partir des pages de son carnet. La voix de la narration de cette fiction a été nourrie par des entretiens réalisés avec des ouvriers brésiliens, des notes de recherche d’un anthropologue et le journal intime de l’interprète principal, afin d’« ancrer le film dans le cadre d’expériences et sentiments réels, fonctionnant à la fois comme une boussole et une source d’inspiration ». Son premier long métrage documentaire, As linhas da minha mão (« Les lignes de ma main ») (2023), dresse le portrait de Viviane de Cássia Ferreira, une artiste brésilienne à la santé psychique fragile, en l’accompagnant de situations de soin en épiphanies partagées. Dans son dernier film en date, A noite e os dias de Miguel Burnier (« La nuit et les jours de Miguel Burnier ») (2026), João Dumans documente avec délicatesse l’obstination à vivre d’une communauté dans une localité désertée, en raison des méfaits de l’extractivisme minier.

Dès lors, si le penseur de cinéma belgo-brésilien Jean-Claude Bernardet a montré que l’une des limites politiques du cinéma documentaire brésilien des années 1960 et 1970 venait de la tentation des cinéastes privilégiés de parler à la place des classes populaires, l’éthique du cinéma de João Dumans tient à mettre en place les conditions d’une co-construction de l’énonciation. L’écoute empathique au long cours du cinéaste vient imprimer la forme singulière de chaque film. C’est cette dimension que nous aborderons avec João Dumans, en écho à des extraits de ses films. 

João Dumans est né à Ouro Preto, Minas Gerais, Brésil. Son premier long métrage Arábia (2017), coréalisé avec Affonso Uchoa, a été considéré par la critique brésilienne et internationale comme l'un des films brésiliens les plus importants de la dernière décennie. Son deuxième long métrage, As linhas da minha mão (2023) a reçu le prix de Meilleur Film au 26e Tiradentes Film Festival, un des principaux festivals brésiliens dédié au cinéma indépendant. Son dernier film A noite e os dias de Miguel Burnier (2026), a été présenté en Compétition Internationale lors du 57e festival Visions du Réel et du 48e Festival des 3 Continents. Dumans a travaillé aussi comme scénariste et monteur dans plusieurs films tels que A Vizinhança do Tigre (2014) et Sete Anos em Maio (2019) d’Affonso Uchôa, Os Residentes (2010) et Os Sonâmbulos (2018) de Tiago Mata Machado, A Cidade onde Envelheço (2016) de Marília Rocha, Aquele que viu o Abismo (2024) de Gregorio Gananian.

Date

Le 18 novembre 2026
Complément date

17h30 - 19h30

Localisation

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Maison de la Création et de l'Innovation (MaCI)
Salle de cinéma - Sonimage (2e étage)
339 av. Centrale

Contact

fabienne.costaatuniv-grenoble-alpes.fr (Fabienne Costa)

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Publié le 6 novembre 2026

Mis à jour le 6 novembre 2026