Appel à propositionsRecherche

Hélène Gaudy, s’immiscer dans “la matière meuble des histoires” : le lieu, l’image et la trace

20 octobre 2022 - 15 janvier 2023
Date limite d’envoi : 15 janvier 2023
Cet appel concerne une journée d'étude portant sur l'œuvre d'Hélène Gaudy, co-organisée avec l'EHESS et l'université Sorbonne Nouvelle le 21 avril 2023 à l'Université Grenoble Alpes.
Plasticienne de formation, commissaire d’exposition, membre du collectif Inculte, autrice de romans, de récits, d’ouvrages pour la jeunesse et de livres d’art – les multiples visages d’Hélène Gaudy disent la place singulière que l’écrivaine occupe dans le paysage littéraire contemporain. Depuis une quinzaine d’années, Hélène Gaudy bâtit une œuvre riche aux multiples sillons, dont cette journée voudrait retracer les contours. De Vues sur la mer à Un monde sans rivage, l’écrivaine explore un double versant, à la fois romanesque et documentaire. Tandis que les premiers textes (Vues sur la mer en 2006, Si rien ne bouge en 2009 et Plein hiver en 2014) déploient une veine fictionnelle, les trois livres qui suivent s’inscrivent quant à eux dans le sillage des écritures de l’enquête : plongée dans la ville de Terezín, lieu de mémoire qui servait de « ghetto-modèle » pendant la seconde guerre mondiale (Une île, une forteresse, Inculte, 2016) ; arpentage du lac de Grand-Lieu près de Nantes (Grands Lieux, Joca Seria, 2017) ; retour sur l’échec de l’expédition Andrée dans le Grand Nord à la fin du XIXe siècle (Un monde sans rivage, Actes Sud, 2019).

Tout en prenant la mesure de ces infléchissements dans l’écriture et la pratique d’Hélène Gaudy, cette journée invite à mettre en lumière les lignes de force qui sous-tendent l’œuvre dans son ensemble, sans négliger les liens de l’écrivaine avec le monde de l’art et ses textes pour la jeunesse. Car dès les premiers récits, apparaissent déjà les thèmes et enjeux centraux qui ressurgissent jusqu’à Un monde sans rivage : l’attention au lieu, l’attrait du paysage, l’ouverture de l’enquête sur l’imagination et la rêverie, le rapport du texte à l’image, la question de la mémoire ou encore la quête d’une écriture qui fait la part belle à la lacune, au vide et au blanc.

Ces multiples questions peuvent être déclinées en quelques axes :
  • « L’esprit des lieux » : l’espace et l’habiter
  • Pratiques et écritures de l’enquête
  • Arts et littérature : le creusement des images
  • Littérature jeunesse et thématisation de la jeunesse

Pistes complémentaires

Au-delà de ces quelques axes, l’œuvre d’Hélène Gaudy appelle d’autres pistes d’étude, qui pourront être complétées par vos propres propositions :
  • les filiations littéraires dans lesquelles l’écrivaine s’inscrit : Georges Perec (de l’attention aux lieux réels et aux lieux communs à un goût pour les écritures de la contrainte – perceptible dans Vues sur la mer –, en passant par les dispositifs d’enquête lacunaire chers à l’auteur de W ou le souvenir d’enfance) ; W. G. Sebald (pour sa conception de l’enquête et ses questionnements sur le sens et le statut des images, comme en témoigne Hélène Gaudy dans les hommages qu’elle lui a rendus) ; 
  • les pratiques d’écriture collective, en lien avec le collectif Inculte ; 
  • l’intérêt pour les personnages secondaires : celles et ceux qui restent au bord de l’aventure et de son récit (de la figure d’Anna Charlier à celle de la « doublure » Vilhelm Swedenborg dans Un monde sans rivage) ;
  • le « blanc » dans l’œuvre d’Hélène Gaudy : omniprésente, au propre comme au figuré, la couleur s’y déploie sous des formes et significations diverses, de la neige à la glace et au ciel, de la lacune à l’oubli, du blanc laissé sur l’espace de la page à l’effacement et au rêve.

Modalités

Les propositions de communication (titre provisoire et résumé de 500-600 mots maximum), accompagnées d’une notice bio-bibliographique, sont à envoyer d’ici le 15 janvier 2023 à Marion Grange, Maud Lecacheur et Laurent Pagès.
Mis à jour le 20 octobre 2022