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Identifications et solidarité féminines (Staël, Charrière et Wollstonecraft)

Séminaire / Centre CHARNIÈRES, Recherche, “Je” pluriels, “je” hybrides

Le 5 mai 2026

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Séminaire du centre Charnières : « “Je” pluriels, “je” hybrides (XVIIIe siècle - premier XXe siècle) » – séance 6
Intervention de Johanna Lenne-Cornuez (université Jean Moulin Lyon 3)

L'exposé de Johanna Lenne-Cornuez s’intéressera à la forme politique que peut prendre la solidarité féminine à la fin du XVIIIe siècle, en analysant certains textes de Staël, Charrière et Wollstonecraft qui font surgir un « nous » que l’on peut qualifier de féministe, en ce qu’il manifeste les injustices que subit la classe des femmes (« le sexe »). La compassion et l’indignation sont des ressorts centraux de cette élévation de la voix d’une femme, qui parle au nom d’autres femmes, si ce n’est au nom des femmes, et qui « ose » s’insurger contre leurs droits bafoués et le sort qui leur est réservé. Ce « nous » solidaire se constitue notamment face un « nous » masculin, qui n’a paradoxalement pas besoin de s’énoncer comme tel, parce qu’il est omniprésent et que sa prise de parole se conçoit immédiatement comme légitime. Parce que les œuvres de Staël, Charrière et Wollstonecraft ont en commun un dialogue critique avec l’héritage rousseauiste, J. Lenne-Cornuez commencera par revenir à ce « nous » masculin tel qu’il fait irruption dans l’Émile de Rousseau. Dans un deuxième temps, la comparaison des formes d’engagement public de Staël et de Charrière lui permettra de montrer l’indissociabilité entre la réflexion sur la condition féminine et celle sur la condition sociale. L’énonciation de soi, la revendication d’une solidarité impartiale, l’engagement dans une cause féministe et la constitution d’un sujet collectif féminin par l’expression de sa solidarité sont les aspects remarquables qui justifient le rapprochement de certains textes de ces autrices, mais font aussi émerger ce qui les sépare dans les rapports d’inclusion et d’exclusion que les identifications féminines impliquent, traversées par la question sociale. Enfin, J. Lenne-Cornuez reviendra sur les tensions à l’œuvre dans la défense des droits des femmes chez Wollstonecraft, entre politisation du sujet féminin et mise à distance de certaines formes de féminité.  

Johanna Lenne-Cornuez est maîtresse de conférences en philosophie morale et éthique appliquée à l’université Jean Moulin Lyon 3 et membre de l'Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IRPHIL). Spécialiste de Rousseau, elle a notamment publié Être à sa place. La formation du sujet dans la philosophie morale de Rousseau (Classiques Garnier, 2021). Elle a également écrit plusieurs articles sur son héritage contrasté chez des autrices de la fin du XVIIIe comme Staël, Gouges, ou Wollstonecraft. Ses recherches actuelles portent sur les philosophies féministes, à partir des théories du consentement, ainsi que sur la question de la lutte contre l'impunité des violences fondées sur le genre.

En pratique

La participation en présence est privilégiée, mais un lien pour suivre les séances en visioconférence peut être demandé à jean-christophe.igalensatuniv-grenoble-alpes.fr (Jean-Christophe Igalens).

Date

Le 5 mai 2026
Complément date

17h30 - 19h30

Localisation

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Bâtiment Stendhal
Salle C307 (aile C, 3e étage)

Contact

jean-christophe.igalensatuniv-grenoble-alpes.fr (Jean-Christophe Igalens)

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Publié le 21 avril 2026

Mis à jour le 23 avril 2026