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Recherche
En délégation CNRS et accueilli en résidence au Musée dauphinois du 1er janvier au 31 décembre 2026, Vincent Sorrel nous raconte comment s'articule sa recherche dans ce contexte.
Vincent Sorrel bénéficie en 2026 d’une « résidence en musée ». Ce dispositif du CNRS permet à cet enseignant-chercheur en cinéma d’accompagner l’intérêt d’institutions muséales pour les images en mouvement, que ce soit des musées d’art ou d’histoire et d’anthropologie, comme le Musée dauphinois où a lieu cette résidence d’un an.
Les précédentes recherches effectuées dans le cadre d’un projet sur l’usine Aaton de Grenoble – fabricant de matériel cinématographique implanté à Grenoble – ont amené le Musée à faire l’acquisition d’un prototype de caméra conçu spécifiquement pour le cinéaste Jean-Luc Godard. Pour accompagner cet intérêt du musée pour le cinéma comme fait culturel, il en a résulté un premier entretien filmé avec Jean-Bernard Menoud, collaborateur de Godard, dans lequel il s’est agi de mettre en relation l’objet technique avec le geste de création du cinéaste.
Plus largement que la présence d’Anne-Marie Miéville et de Jean-Luc Godard entre 1974 et 1977, cette résidence a pour objectif de rendre compte de l’émergence d’une scène cinématographique grenobloise à partir du début des années 1970[1]. Ainsi, l’étude vise à croiser les collections du Musée dauphinois avec celles des Archives départementales et de la Cinémathèque de Grenoble. La décentralisation culturelle particulièrement active à cette période, participant à une politique d’expression démocratique et locale, comprenait également un versant cinématographique : plus de trente films ont été réalisés dans un cadre associatif, soutenus par des bourses d’aide à la création de la Ville de Grenoble. Afin de restaurer cette production, cette résidence au Musée dauphinois comprend également une dimension de recherche-action : un argumentaire a permis d’obtenir le financement d’un plan de numérisation soutenu par la Délégation régionale des affaires culturelles (DRAC), et une collecte active est menée en collaboration avec Tillyan Bourdon, chargé des collections à la Cinémathèque de Grenoble, afin de retrouver et rassembler les négatifs originaux de ces films.
La valorisation de ce travail envisagé avec la Cinémathèque de Grenoble est déjà en cours : Vincent Sorrel a présenté deux premières séances de ce « cinéma municipal[2] » le 7 février au cinéma associatif La Clef à Paris. Une présentation – ciné-conférence « Archipel Grenoble » – aura également lieu le 25 avril au cinéma Juliet Berto à Grenoble. L’intérêt pour cette production et les idées qui animaient ce mouvement de décentralisation du cinéma dépassent l’histoire locale : une diffusion de ces films est envisagée dans le cadre de la Cinémathèque idéale des banlieues du monde, projet porté par les Ateliers Médicis et le Centre Pompidou.
[1] V. Nicolazic, V. Sorrel et N. Tixier, « Aaton à Grenoble. La fabrique d’une scène médiatique », dans C. Ambrosino et D. Sagot-Duvauroux (dir.), Scènes culturelles – Ambiances et transformations urbaines, Grenoble, PUG, mars 2025.
[2] Les droits des films appartiennent à la Ville de Grenoble.
Article rédigé par Vincent Sorrel
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