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Soutenance de thèse d'Alexis Pignol – Lettres et arts spécialité littératures française et francophone

Soutenance / Centre É.CRI.RE

Le 18 juin 2026

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

“Nous avons aimé la Russie” : le tropisme russe de la littérature contemporaine française

Résumé

« Nous avons aimé la Russie », écrivaient récemment Olivier Rolin et Jean-Christophe Bailly en guise d’adieu à un pays où ils n’avaient cessé de se rendre pendant près de trente ans. Ce travail repose sur l’hypothèse suivante : de l’effondrement de l’URSS à l’invasion de l’Ukraine, un véritable appel d’air a attiré les écrivaines et écrivains français vers l’Est. D’Emmanuel Carrère à Antoine Volodine, en passant par Michel Chaillou, Nastassja Martin, Maylis de Kerangal, Emmanuel Ruben, Anne Brunswic, Christian Garcin ou Mathias Énard, toutes et tous ont écrit sur – ou depuis – la Russie. Présente tout à la fois à travers des corpus déjà reconnus et d’autres plus discrets, parfois objet d’un seul livre, parfois territoire structurant d’une œuvre, elle apparaît comme un lieu décisif de la littérature française. Si elle se donne comme un véritable espace critique, c’est qu’elle sollicite et déplace certaines projections et pratiques littéraires : au contact de vies autres et dans le voisinage d’une langue étrangère, les écrivains y expérimentent des subjectivations alternatives, en terrain russe ; ils se confrontent aussi à une tradition littéraire intimidante, entre prestige du « roman russe » et figures majuscules comme Pouchkine, Dostoïevski ou Tchekhov. À ce miroir se pensent certaines inflexions génériques majeures du contemporain. Ce tropisme russe tient également bien souvent d’une fascination géographique, marquée par l’ouverture d’un espace qui jusque-là apparaissait d’accès restreint et limité. De l’expérience de la wilderness au mythe ferroviaire et poétique du Transsibérien, les écritures contemporaines de la Russie interrogent alors projections orientalistes, imaginaires de l’ailleurs et leur figuration littéraire en contexte postcolonial. Cet appel géographique n’occulte toutefois pas l’inquiétude historique et politique que matérialisent au présent les vestiges de l’Union soviétique. Si les écrivains contemporains assument des attachements différents, parfois opposés, à la promesse qu’a incarnée Octobre 1917, écrire la Russie après 1991 revient souvent pour eux à méditer l’héritage du XXe siècle, à ressasser ses espoirs comme ses détresses. À la manière d’historiens benjaminiens, ils consignent alors une mémoire vaincue, dont certains tentent de réactiver, par-delà l’échec, la charge émancipatrice.

Composition du jury

  • Laurent DEMANZE, Professeur, Université Grenoble Alpes, Directeur de thèse
  • Dominique RABATÉ, Professeur, Université Paris Cité, Examinateur
  • Isabelle DESPRÉS, Professeure, Université Grenoble Alpes, Examinatrice
  • Aurélie ADLER, Maîtresse de conférences, Université de Picardie Jules Verne, Rapporteure
  • Jérémie MAJOREL, Professeur, Université Paris Nanterre, Rapporteur

Date

Le 18 juin 2026
Complément date

14h00

Localisation

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Maison de la Création et de l'Innovation (MaCI)
339 av. Centrale
Salle 002

Directeur de thèse

Laurent DEMANZE
Litt&Arts, centre É.CRI.RE

Publié le 1 juin 2026

Mis à jour le 8 juin 2026