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De phusis à natura : la philosophie de la nature à Rome

Centre TRANSLATIO

Ce projet de recherche vise à produire une histoire intellectuelle de la philosophie de la nature dans le monde romain tardo-républicain.

Alors que la notion de phusis dans le monde grec a été et continue d’être largement étudiée, ce n’est pas encore tout à fait le cas du monde romain. Il s’agit ici d’étudier les textes qui relèvent de la physique (selon la tripartition hellénistique de la philosophie entre logique, éthique, physique) et de la métaphysique sous l’angle de la réception de la philosophie grecque. 

Au Ier siècle avant notre ère, alors que la République romaine est en proie à de nombreuses crises politiques majeures, on assiste aux débuts de la romanisation de la philosophie par des auteurs romains qui se mettent à écrire de la philosophie en latin. Ce sont ces textes qui formeront le corpus de notre étude : les ouvrages philosophiques de Cicéron – tout autant que sa traduction latine des Phénomènes d’Aratos – le poème de Lucrèce, les ouvrages de Varron, mais aussi les fragments du philosophe Nigidius Figulus, présenté par Cicéron comme le renouator du pythagorisme à Rome, doctrine qui connaît visiblement un large regain d’intérêt à cette époque. 

Afin de répondre à la question « y a-t-il une philosophie de la nature proprement romaine ? », les recherches seront menées selon trois axes : 

  • Dans un premier temps, il s’agit d’étudier aussi finement que possible les débats doctrinaux sur la physique à Rome, en se demandant ce que l’importation de ces thèses dans la société romaine produit sur les discours philosophiques romains et sur la conflictualité entre écoles philosophiques. On s’intéressera donc tout particulièrement aux transferts culturels et théoriques liés à la recontextualisation romaine de la philosophie grecque.  
  • Dans un second temps, il s’agit de s’intéresser de près à l’histoire culturelle et politique de l’époque tardo-républicaine. Si l’étude de la nature, de la cosmologie, des planètes ou des dieux peut sembler à première vue éloignée des questions politiques, il n’est cependant pas anodin d’écrire des textes philosophiques au moment des grandes crises de la République. On s’intéressera ici aux enjeux politiques de la transmission à Rome de thèses grecques sur la nature. 
  • Dans un troisième temps, il s’agira de tenter de déceler une éventuelle communis opinio concernant les questions de physique à Rome. Peut-on retrouver un « imaginaire philosophique » de la nature dans la littérature tardo-républicaine ? Quelles thèses philosophiques sous-tendent les textes dits de « non-philosophes » portant sur la nature, le monde et les dieux ? 

Coordination

Responsable
Jeanne Ravaute
Centre porteur
TRANSLATIO

Publié le 5 octobre 2026

Mis à jour le 6 octobre 2026