Il s’agit de redonner au texte traduit en français une place centrale au sein du corpus littéraire français et de l’aborder dans son autonomie par rapport au texte qui en est à la source. On place au centre de notre approche l’idée de la créativité de la traduction : le traducteur n’a certes pas le même statut que celui du créateur de départ – puisque lui (re)crée dans un cadre contraint, celui du texte à traduire – mais il n’est pas un simple technicien de la langue, dont le rôle se réduirait à produire mécaniquement un équivalent du texte dans une autre langue : le texte traduit résulte d’un acte de co-création.
À l’origine du projet, l’approche est avant tout stylistique, dans la mesure où la préoccupation centrale est de s’intéresser précisément à la langue et au style du texte traduit, dans une optique synchronique (par rapport aux autres productions en français d’une même époque) et diachronique (par rapport à l’évolution de la « langue littéraire »). Mais l’échange avec diverses spécialités disciplinaires dans le champ de la littérature française et en dehors (études antiques, littératures comparées, littératures de langues étrangères, traductologie), très important depuis le départ, est aujourd’hui constitutif de l’identité du programme.
Les différents chantiers de recherche comportent un versant numérique, orienté vers l’édition (avec les problèmes spécifiques posés par des corpus multilingues et dans lesquels existent des versions multiples d’un même texte de départ) et/ou vers l’analyse (en particulier les apports du traitement automatique des langues et de la linguistique de corpus à l’étude du texte traduit).
 
Trois grands axes fédèrent les différents projets rassemblés dans le programme :
  • Une étude de la « langue littéraire » (G. Philippe et J. Piat) par l’intermédiaire du texte traduit, en synchronie et en diachronie.
  • Une étude des postures et des éthos dans la traduction, mis en relation avec le statut des traducteurs ainsi qu’avec les choix de traduction opérés.
  • Une histoire des (re)traductions littéraires, abordée sous l’angle des imaginaires et des connaissances de l’altérité.
 
Le projet rassemble 7 projets internes :
 
  • 4 projets d’étude sur corpus, portés par des chercheur·euses de différentes spécialités disciplinaires et séculaires, travaillant sur des corpus très variés :
1- Épreuves de l’étranger : les poèmes et la prose (rétro)traduite de Gérard Macé (porté par F. Fonio, E. Nanni et P. Roux, avec ILCEA 4, LIDILEM et un important réseau international de traducteurs et de collaborateurs). Édition et analyse du corpus :
http://ouvroir-litt-arts.univ-grenoble-alpes.fr/revues/actalittarts/224-l-epreuve-de-l-etranger
http://epreuves-etranger.elan-numerique.fr/ (outil en construction).
2- La poésie traduite : éthos et style (porté par P. Roux, collaboration avec les éditions La Pionnière). Constitution, édition et étude d’un corpus poétique de textes retraduits (Leopardi, Heine, Keats). Édition et étude d’avant-textes traductifs (co-traduction Bhattacharya/Macé). Traduire le rythme.
3- Voix d’Homère (porté par C. Louette et A. Salha, projet interdisciplinaire dans Litt&Arts). Etude des modalités de la transmission de la voix d’Homère. Traduire le rythme. Retrouver l’oralité perdue d’Homère (adaptations contemporaines pour la scène et/ou dans les versions pour la jeunesse).
4- Translating Greek Drama (porté par M. Bastin-Hammou, en collaboration avec l’Université d’Oxford et Paris XIII), qui a pour objet l’histoire et l’analyse des traductions du théâtre grec en latin et en vernaculaire dans l’Europe de la Première modernité
 
  • 1 projet orienté vers la médiation et la valorisation
5- Traduire dans les pays francophones (porté par R. Boulaâbi et P. Roux, en collaboration avec l’Observatoire des littératures francophones du Sud, qui possède un fort ancrage international, en particulier au Maghreb). Collection « Janoub » (UGA Éditions, secteur Médiation). Valorisation de la traduction de/vers les langues africaines.
 
  • 2 projets transversaux
6- Edition numérique et apports du TAL (collaboration avec ÉLAN et le LIDILEM). Édition numérique de corpus de versions parallèles, unilingues (français) ou multilingues, avec alignement des versions. Analyse de ces corpus, par le recours au TAL et à la linguistique de corpus.
7- Traducteurs d’un jour : atelier d’écriture créative et traduction (en collaboration avec la MaCI et des institutions externes à l’UGA). Deux ateliers par an, avec un objectif de valorisation (la créativité de la traduction, l’imaginaire des langues) et de recherche-création. Chaque atelier est pris en charge par un chercheur du programme. (En suspens en raison de la pandémie)
Mis à jour le 30 mars 2021