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Pavel Arsenyev Rusakevich, poète et théoricien russe, est accueilli au sein de l'UMR Litt&Arts du 1er septembre 2022 au 31 août 2023 en tant que jeune chercheur post-doctorant, grâce au programme PAUSE du Collège de France.

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Son cursus universitaire

Titulaire depuis 2010 d’un Master en théorie littéraire obtenu à la faculté des lettres et arts de l'université d'État de Saint-Pétersbourg, Pavel Arseniev bénéficie ensuite d’une bourse d'excellence du gouvernement suisse en 2013-2014. C’est au sein du Centre de recherche en épistémologie comparée de linguistique d'Europe centrale et orientale de l'université de Lausanne qu’il étudie la littérature du fait sur le terrain de l’histoire des idées linguistiques. Son doctorat débute en 2017 à l’université de Genève sous la direction du professeur Jean-Philippe Jaccard jusqu’à la soutenance en 2021 et a pour objet « La “littérature du fait” : un projet de positivisme littéraire en Union soviétique dans les années 1920 ». Durant ses études doctorales, il s’est intéressé aux techniques littéraires et à la théorie littéraire en Union soviétique dans les années 1920-1940, à travers des thématiques telles que la littérature du fait et les formalistes russes, le cercle de Bakhtine et le mouvement d’avant-garde de futuristes russes OBERIOU, la linguistique marxiste et la prose du blocus de Leningrad et des camps, etc. 

Sa carrière de poète

Pavel Arseniev mène par ailleurs une carrière de poète. Ses poèmes sont traduits dans de nombreuses langues et il a participé à plusieurs manifestations culturelles internationales dont Manifesta10, Matadero (Madrid), « Disobedient objects » (Victoria and Albert Museum à Londres), Büro für kulturelle Übersetzungen (Leipzig), Kunstraum Dreiviertel (Berne), Hybernska (Prague), Nova Synagoga (Zilina), III Moscow Biennale of Young Artists, Subvision kunst festival (Hambourg). En tant qu’artiste, il travaille sur la matérialisation et les aspects graphiques des textes poétiques.

En 2012, il est lauréat du prix Andreï Bely des littéraires indépendants dans la catégorie « projets littéraires », et en 2015 du prix de la galerie Anna Nova pour jeunes artistes.

Il est responsable du groupe de recherche de poésie et théorie « Translit » à l’École de la Nouvelle Littérature (université Internationale de Moscou). Jusqu’en 2022 il est rédacteur en chef de la revue de littérature et théorie littéraire du même nom dont il a lancé la version anglaise pour faciliter l’accès à la poésie engagée russe et ukrainienne. Il écrit également des articles pour des revues telles que Russian LiteratureNouvelle Revue LittéraireMagazine d'art de MoscouLigeia. Dossiers sur l'ArtRussian Studies in Literature.

En 2022, il publie « Euphémiser la politique ou l'histoire littéraire de l'Esprit », Versus, vol. 2, n° 2 ; avec M. Mayatsky, A. Filippov et O. Kharkhordin, « Sciences du texte et sciences de l'action » (discussion à la fois intégrée et éditée par S. Zenkin), Nouvelle revue littéraire, n° 177 ; « Une dissertation sans défense » (préface), « Roman-en-ravelin » (postface), dans N. Chernyshevsky, Rapports esthétiques de l'art à la réalité, V-A-C Press.

Depuis mars 2022 il est membre de l’atelier des artistes en exil.

Son post-doctorat à l’Université Grenoble Alpes au sein de l’UMR Litt&Arts

Son projet post-doctoral porte sur l’histoire du concept de « fait », en littérature et en sciences, depuis le XIXe siècle jusqu’à nos jours, notamment dans son rapport avec les médias. Il se propose de mener une archéologie de la notion d'objectivité en France, en Suisse et en Russie, dans une perspective pluridisciplinaire. Encadré par la Professeure de littérature générale et comparée Isabelle Krzywkowski, au sein du centre de recherche Imaginaire et Socio-Anthropologie (ISA) de Litt&Arts, il participera aux séminaires et pourra contribuer aux programmes de recherche, en particulier ceux qui portent sur les relations entre sciences, techniques et littérature et sur les imaginaires des médias. Il s’inscrira aussi dans des projets transversaux du laboratoire, notamment dans les axes de recherche « Nouvelles philologies » et « Expériences de la création ». Le résultat de ses travaux fera l’objet d’une conférence plénière présentée à l’ensemble de l’UMR.

Le programme PAUSE en deux mots

Il s’agit d’un Programme national d’aide à l’Accueil en Urgence de Scientifiques en Exil, géré et piloté par le Collège de France, à l’initiative du ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement et de la Recherche. Son objectif est de favoriser l’accueil en France, dans des établissements d’enseignement supérieur et de recherche ou des institutions culturelles, de scientifiques et d’artistes étrangers de toute origine géographique (hors ressortissants de l’Union européenne) et de toute discipline, afin de leur permettre de poursuivre leur recherche et de protéger leur famille.

Les financements sont attribués sur dossier, selon les critères suivants :
  • justifier d’un statut de doctorant, chercheur, enseignant-chercheur, artiste ou artiste-enseignant dans son pays d’origine ;
  • se trouver dans une situation d’urgence en raison du contexte sécuritaire prévalant dans son pays d’origine et/ou en raison de persécutions ou de craintes de persécutions du fait de son origine ethnique, de sa religion, de son engagement politique, de ses opinions, de son orientation sexuelle, du contenu de ses travaux et/ou enseignements ;
  • être dans l’obligation de s’exiler de son pays d’origine ou avoir quitté son pays d’origine depuis moins de trois ans.
Mis à jour le 14 octobre 2022