Présentation

Création, mot commun aux arts de la scène et de l’écran, aux études littéraires, sociologiques ou médiatiques, fait signe vers les processus qui donnent naissance à l’œuvre et vers l’œuvre elle-même. La création est geste et résultat, fabrique et opus.

Expériences, au pluriel, met en valeur la diversité des approches que suscite la création : approche par les pratiques, mobilisant le corps, les sens et la pensée, et approche par l’observation et la réflexion, qui introduit à l’analyse esthétique. Expériences suggère aussi la production de connaissances nées de la confrontation concrète avec la création et avec le monde où elle évolue et qu’elle configure. Le terme ouvre le questionnement vers les usages, collectifs et individuels, de l’œuvre, et les gestes de réception, de médiatisation, d’appropriation et de reconstruction qu’elle suscite. Il induit une réflexion sur les traces gardées de l’œuvre, l’archivage et les mises en récit qu’il est possible – ou impossible – de faire du geste créateur. Expériences pointe enfin la part expérimentale commune à nos objets et à nos propres recherches.
 

Projets de recherche

Description du programme

Les travaux fondateurs d’Eugène Green et du Centre de Musique Baroque de Versailles inspirent aujourd’hui encore de nombreux spécialistes des théâtres baroques et classiques ; ils sont à l’origine d’une riche collaboration entre les mondes scientifiques et artistiques. L'association du Théâtre à la source promeut quant à elle le théâtre historiquement informé : elle a produit des résultats extrêmement féconds et un premier spectacle. Enfin, l’Archive of Performances of Greek and Roman Drama, à l’Université d’Oxford, mène depuis plus de vingt ans un précieux travail de collecte et de recherche-création sur le théâtre antique. 

Le programme AnaDrame veut s’inspirer de ces prestigieux modèles pour prolonger l’exploration des théâtres anciens et aborder, notamment, l’étude de corpus méconnus. Il s’agira aussi d’adopter, à l’égard des pratiques de recherche-création, une démarche réflexive : quels sont leurs enjeux historiques, scientifiques, artistiques ? Dans quelle mesure, par exemple, les travaux sur l’histoire des théâtres universitaires ou sur le reenactment permettent-ils de repenser et/ou de renouveler les pratiques ?

Le programme est porté par des chercheurs spécialistes de périodes distinctes, depuis l’Antiquité grecque jusqu’au XVIIe siècle français, et désireux de conjuguer différentes méthodologies de recherche. Aux traditionnelles contributions scientifiques fondées sur la collecte et à l’analyse des sources, les membres du programme souhaitent ajouter des modes d’investigations innovants, dans le cadre d’ateliers de pratique scénique, de résidences d’artistes et de projets de mises en scène associant étudiants, chercheurs et praticiens. La salle Archives de la création de la MaCI permettra de collecter et diffuser les sources relatives aux mises en scène des théâtres anciens et d’organiser la réflexion, en lien avec le programme OPSIS de la SFR Création. Ce lieu fédérateur permettra également de conforter les collaborations en cours avec des institutions comme l’APGRD, le Théâtre à la Source ou l’Université de Lausanne.

Manifestations prévues en 2021

Printemps 2021 – Résidence en recherche-création (org. M. Ferrand)
« Paroles d’élèves : Donner voix aux colloques scolaires de la Renaissance »

Dans le cadre d’une exposition que la Bibliothèque humaniste de Sélestat consacre, au printemps 2022, à « L’école de la Renaissance », il s’agira de réaliser une mise en voix de colloques scolaires, dialogues puérils pratiqués alors dans les classes pour apprendre le latin. En s'appuyant sur les compétences d'une comédienne professionnelle et d'étudiants de l'UGA et de l’université Toulouse Jean Jaurès, le projet prévoit d’enregistrer ces dialogues en français et en latin, tout en reconstituant les ambiances sonores qui accompagneront ces performances. Ces créations seront proposées à l'écoute dans le cadre de l'exposition. Elles permettront, pour la première fois, de rendre vie à ces textes méconnus et de mettre à l'essai leur valeur performative.

Automne 2021 – Workshop (org. M. Bastin, UGA et E. Baudou, Oxford, APGRD, Marie Curie Research Fellow) 
« Chœurs comiques »

Le workshop Chœurs comiques a pour objectif de tester sur la scène différentes traductions patrimoniales des chœurs d'Aristophane en vue d'en déterminer la théâtralité et d'en produire une nouvelle à la lumière des enseignements tirés de cette mise en pratique. On s'interrogera notamment sur les chœurs genrés de Lysistrata, l'Assemblée des femmes et des Thesmophories et sur l'utilisation de l'espace scénique par ces chœurs ou demi-chœurs d'hommes et de femmes qui s'y affrontent avant d'être réunis. On testera également la mise en chanson de ces chœurs à l'origine chantés et dansés. Le workshop sera mené en collaboration avec Estelle Baudou, de l'APGRD, dans le cadre du programme « AnaDrame », en lien avec le projet Translating Greek Drama.

Les 14 et 15 octobre 2021 – Colloque (org. M. Douguet et J.-Y. Vialleton)
« La base CESAR : bilans et perspectives »

Le site CESAR (Calendrier électronique des spectacles sous l’Ancien Régime et la Révolution) est une base de données en ligne sur le théâtre et la vie théâtrale en France du début du XVIIe siècle au début du XIXe siècle. Grâce à un accord entre Oxford Brookes University et l’Université Grenoble Alpes, CESAR est accueilli depuis 2016 par le laboratoire Litt&Arts, qui entend le redynamiser. Organisé, avec le soutien du programme « AnaDrame », par Marc Douguet et Jean-Yves Vialleton, le colloque « La base CESAR : bilans et perspectives » a un objectif très concret. Il vise à alimenter une réflexion sur le développement à donner au site dans les années qui viennent : mises à jour nécessaires, meilleure adaptation à l’usage des utilisateurs, extension de la période chronologique et du domaine de données, mise en place de nouvelles fonctionnalités.

Financeurs

  • Axe 3 de l’UMR Litt&Arts
  • SFR Création (programme OPSIS)
  • MaCI (Maison de la Création et de l’Innovation)
  • UFR LLASIC, département des Arts du Spectacle

Quelques partenaires

  • Archive of Performances of Greek and Roman Drama (Oxford)
  • Université de Lausanne
  • Bibliothèque humaniste de Sélestat
  • Association Théâtre à la source
Le programme « AnaDrame » fédère, au sein de l’axe 3 de l'UMR Litt&Arts, les travaux de recherche et de recherche-création sur les théâtres anciens et leur réactualisation. Il s’agit en particulier 1/ de documenter et d’étudier les textes et les pratiques dramatiques du passé ainsi que les mises en scène des théâtres anciens, dans leur diversité ; 2/ de faire du travail au plateau et de la pratique dramatique hic et nunc des instruments heuristiques.
Les spectacles sont, par définition, des œuvres éphémères et plus largement des expériences qui ne persistent que par le biais de vestiges indirects et fragmentaires, y compris lorsqu’ils sont bien documentés (« dans la photo, il manque l’expérience du temps, dans la vidéo celle de l’espace », résume Georges Banu, in Mémoire en éveil. Archives en création, Amiel & Farcy, 2006). Il s’agit donc tout autant de consolider nos connaissances sur des mises en scène passées par le biais d’enquêtes historiques que de pratiquer une archéologie du présent, en documentant en temps réel des expériences de création, de diffusion et de réception – et tout particulièrement les nombreux ateliers, workshop et résidences se déroulant dans les murs de la MaCI.
 
Avec la livraison en 2019 de la salle « Archives de la création » (programme OPSIS de la MaCI), le projet entamé lors du quinquennal précédent est entré dans une deuxième phase, grâce à l’accès à des espaces de stockage qui permettent de collecter, non plus seulement des données et des ressources numériques, mais aussi des traces concrètes et sensibles : archives de compagnies, suivis de création de spectacles, témoignages, collections de programmes et affiches, etc. Pour documenter l’histoire matérielle des spectacles ainsi que les enjeux socio-esthétiques qui président à leur conception, on s’intéresse à des matériaux « proprement » artistiques (croquis de décors et costumes, captations et/ou suivis de répétitions, iconographie des spectacles, entretiens avec les artistes), mais en veillant à porter une attention particulière au recueil et à l’exploitation de sources parfois considérées comme « pauvres » (telles que les fiches techniques, dossiers de subvention, contrats d’acteurs, témoignages des équipes techniques et administratives, mémoires de spectateurs, etc.). Un travail de sensibilisation des artistes et chercheurs sera aussi mené, afin de les encourager au dépôt de leurs archives, et de les accompagner dans la transformation de leurs documents de travail en sources que d’autres pourraient exploiter.

Les chercheurs impliqués dans le projet travaillent à enrichir les fonds de la salle Archives de la Création de manière complémentaire et coordonnée : si les domaines couverts sont volontairement diversifiés, la réflexion sur les méthodes d’investigations est partagée, notamment grâce des moments de rencontre et de formation croisées (ex : séminaire Mémoires Plurielles de la Scène, conférences de la MaCI, séminaires du PerfLab, etc.). Périodiquement, des terrains communs sont prévus, de manière à croiser les expertises et enrichir les perspectives.

Chantier 1 — Archives de la décentralisation théâtrale à Grenoble et en Isère (Alice Folco)

Lors du quinquennal précédent, l’inventaire et l’analyse de fonds patrimoniaux inédits ou inexploités se trouvant à la BnF, à la MC2, aux Archives Municipales de Grenoble et Lyon, aux Archives Départementales de l’Isère et au Musée Dauphinois, en mettant au jour la complexité des entrelacements entre enjeux locaux et nationaux, ont démontré tout l’intérêt qu’il y a à traiter les enjeux historiques, mémoriels et archivistiques depuis un territoire donné et dans une perspective nationale et internationale, afin d’échapper aux écueils souvent associés au régionalisme. Les travaux de recensement déjà engagés ont aussi montré qu’il reste de nombreux corpus sur lesquels investiguer, tant pour retrouver des archives publiques ou privées souvent éparpillées que pour susciter de nouveaux témoignages, et pour contribuer à documenter tout un pan de la vie théâtrale qui s’efface à vitesse accélérée. Certains corpus sont à compléter : Comédiens Routiers à Uriage (1939-1942), Comédiens de Grenoble (Jean Dasté 1945-47), Comédie des Alpes (1960-1975), Maison de la Culture (1945- à nos jours) ; et d’autres chantiers sont à ouvrir : Centre Dramatique National des Alpes (1975-2013) ; Théâtre Municipal ; Hexagone de Meylan, etc. 
Ce chantier a déjà donné lieu à la publication d’un dossier consacré à la Maison de la Culture de Grenoble dans la Revue d’Histoire du Théâtre ainsi qu’à une exposition virtuelle sur le site de la Société d’Histoire du Théâtre. A l’automne 2021, une Journée d’Etudes « Comédie des Alpes : archives et mémoires », organisée par Alice Folco & Aude Fourel, est prévue à la MaCI.

Chantier 2 — Archives de la ligue professionnelle d’improvisation de l’Isère (Lig1pro38) et des ligues d’improvisation rhône-alpines (Pauline Bouchet)

L’improvisation théâtrale, pratique considérée comme mineure, notamment dans ses formes d’improvisation pure (le match d’improvisation, le catch d’improvisation, le cabaret d’improvisation et autres formats) mérite d’être enfin analysée sur un territoire rhône-alpin qui concentre le plus grand nombre de ligues d’improvisation, en dehors de l’Île-de-France. Ce projet vise donc à écrire l’histoire de l’improvisation rhône-alpine, notamment en reconstituant l’histoire d’une des plus anciennes ligues professionnelles de France, celle de Grenoble, la Lig1pro38, née d’abord dans la Drôme sous l’impulsion d’improvisateurs comme Luisa Gaillard et Alain Fert. Plusieurs étapes de travail sont envisagées : numérisation de photographies, mise à jour de documents autour de la professionnalisation de l’improvisation théâtrale, réalisation d’interviews avec des improvisateurs professionnels, réalisation d’un site sur l’histoire de l’improvisation théâtrale rhône-alpine, contribution à une exposition itinérante autour d’une frise chronologique de l’improvisation en France, qui sera conçue lors d’Improsia, le grand congrès de l’improvisation qui aura lieu à Tours fin octobre 2019 et dont l’édition 2021 (il se réunit tous les deux ans) pourrait prendre place à Grenoble. En parallèle, il s’agira de créer un centre de recherche interuniversitaire, l’Association Transciplinaire de Recherche en Improvisation (ATRI) avec notamment le maître de conférences en neuro-psychologie de l’Université de Picardie-Jules Verne, Mathieu Hainselin, et en lien avec la Fondation Culture et Diversité soutenue par le Ministère de la Culture.

Chantier 3 — Mémoires contemporaines des compagnies théâtrales : la compagnie tf2_Jean-François Peyret (Julie Valero)

De 2015 à 2018, Julie Valero a réalisé un premier inventaire de l’ensemble des archives physiques et numériques de l’auteur et metteur en scène Jean-François Peyret, de 1982 à 2005. Ce premier inventaire donnera lieu, au printemps 2021, à un dossier thématique de la Revue d’Histoire du théâtre, autour de l’œuvre de cet homme de théâtre singulier. Sa numérisation partielle le rend accessible, sous conditions, à tout·e chercheur·e souhaitant engager des travaux sur cette œuvre théâtrale de la fin du XXe siècle.
Si le fonds a dévoilé des documents de nature très diverses (partitions scéniques, journaux personnels, notes de répétitions, coupures de presse, photographies de répétitions, correspondance personnelle, etc.), il a encore beaucoup à révéler : de très nombreuses heures de répétitions ont été filmées sur des supports divers, depuis les années 90 et n’ont pas encore été explorées. Elles pourront faire l’objet d’une valorisation ultérieure.

Chantier 4 — Création du cirque et des arts de la rue : traces, mémoires et histoire (Marion Guyez)

Il s’agit de documenter les pratiques de création actuelle dans le champ du cirque et des arts de la rue, auxquels encore peu de recherches sont consacrées, en tenant compte à la fois de l’expérience des artistes, de l’évolution des politiques culturelles qui ont contribué à leur légitimation comme arts de création depuis le début des années 2000, sans négliger une approche historique précieuse tant elle fait encore défaut (étude de corpus existants et constitution d’archives). La question des traces, de l’écriture, du répertoire et de la mémoire des spectacles du cirque et des arts de la rue seront abordées en privilégiant l’étude du mélange des arts dans ces créations souvent hétérogènes ainsi que celle des spécificités des dramaturgies du corps et de l’espace dans les créations acrobatiques et in situ.

Chantier 5 — Documenter les pratiques professionnelles au présent (Séverine Ruset)

L’objectif est d’enrichir les connaissances sur les pratiques professionnelles du spectacle vivant, en collectant des archives et en produisant des données (suivis de création, synthèses statistiques, témoignages individuels par questionnaires et entretiens filmés) sur les professionnels du spectacle vivant. Des enquêtes quantitatives et qualitatives sont régulièrement menées, et des tables rondes organisées, autour des pratiques développées par les artistes, techniciens et administratifs du secteur, dans le but de documenter leurs profils, leurs activités et leurs positions dans les chaînes de coopération qui fondent l’économie du spectacle, mais aussi la perception qu’ils en ont.
 

Financeur

SFR Création (programme OPSIS)

Partenaires

Ministère de la Culture

Institutions culturelles

MC2, Scène nationale de Grenoble Hexagone Scène-Nationale Arts-Sciences de Meylan, CCN2-Centre chorégraphique national de Grenoble, CDCN Le Pacifique, Comédie de Valence, Centre Dramatique National Drôme-Ardèche, IMEC, Centre National des Arts du Cirque, École supérieure des arts du cirque de Toulouse, La Grainerie, fabrique des arts du cirque et de l’itinérance (Occitanie), Musée Dauphinois, TMG-Théâtre municipal de Grenoble.
 

À l'UGA

SFR Création, ELAN, ILCEA 4 
 
Le projet « Archives plurielles de la scène » vise à inventorier, collecter et rendre accessible de la documentation inédite ou difficile d’accès sur les processus de création scénique à l’époque contemporaine.
Son originalité vient du fait qu’il tente de comprendre l’impact de la pratique des arts de la scène sur le corps soigné et le corps soignant, sans s’arrêter au corps anatomique pour analyser plutôt le corps expressif et performatif, dans le cadre d’une réflexion plus large autour des humanités médicales.

 Historique

  1. Un projet d'innovation pédagogique : IDEX Innovation pédagogique 2018-2020 pour le développement d'un cours d'improvisation en milieu médical avec les 4ème année de médecine et l’ouverture d'un séminaire Arts-Santé (étudiants d'Arts de la scène, de Sciences Sociales, de l'ESAD) en Master Création Artistique
  2. Ouverture en 2019 d'un programme de recherche Arts-Santé dans le cadre de la SFR Création : un appel à projets Arts-Santé financé en collaboration avec la SFR Santé-Société
  3. « Les pratiques somatiques dans la formation infirmière », contrat doctoral IRS 2019 (Léa Andréolety, dir. Gretchen Schiller et Pauline Bouchet) : recherche-action à l’IFSI de Grenoble
  4. Participations à des colloques internationaux en Humanités Médicales (Bordeaux en novembre 2020, Lisbonne en juin 2021) et publication :
Pauline BOUCHET, « Quand des étudiants en médecine rencontrent des étudiants en arts du spectacle : expériences de simulations de consultations à l'Université Grenoble-Alpes », in Le bien-être des étudiants dans les formations en santé, Séli Arslan, Paris, novembre 2019.

Projets en cours

  • Publication de Pauline BOUCHET à venir dans le Routeldge Companion to Performance and Medecine dirigé par Gianna BOUCHARD (University de Birmingham): “Polyphony and the place of fiction in "medical performances" around and about cancer: the point of view of a "familiar third party”
  • Projet GAMES (Grenoble Alpes Medical HumanitiES) porté avec Caroline BERTONECHE (ILCEA4) et Nicolas MATHIEU (CHU Grenoble) : projet de recherche et de formation en Humanités Médicales (conférences du jeudi au CHU, séminaire de réflexion, projet d’école d’été pour 2022)
Ce programme de recherche appliquée Arts-Santé (relié à la SFR Création) entend co-construire des projets artistiques et de recherche avec le milieu médical et en particulier le CHU de Grenoble, notamment des ateliers de pratique théâtrale à destination des étudiants en médecine d’un côté et de patients (en particulier en oncologie) d’autre part.
Riche de 166 915 entrées, elle est complétée par une collection de 3 543 images indexées et enrichies de métadonnées. Suite au départ d’Oxford Brookes des fondateurs de la base, une convention a été signée entre cette université et l’UGA, qui a désormais pour mission de la maintenir et de la valoriser.
La base est hébergée par la TGIR Huma-Num (https://cesar.huma-num.fr). Elle est maintenue par l’équipe ELAN de l'UMR Litt&Arts, et placée sous la responsabilité de Marc Douguet et Jean-Yves Vialleton, maîtres de conférences en littérature française et spécialistes du théâtre français d'Ancien Régime.
L’interface d’origine repose sur un code vétuste et nécessite une refonte aussi bien pour des raisons de sécurité que de référencement et d’optimisation de l’administration et de la navigation. La nouvelle interface devra permettre de manipuler et d’administrer facilement les données (qui seront accessibles via un index des entités ; un moteur de recherche à facettes ; une carte géolocalisant les lieux de spectacle ; une chronologie des éditions et des représentations).
En parallèle, les données elles-mêmes seront restructurées pour favoriser leur alignement avec d’autres bases de données consacrées à l’histoire du théâtre, dans le cadre du projet Dramabase.
 
Créé à Oxford Brookes University en 2001, la base CESAR (Calendrier électronique des spectacles sous l’Ancien Régime et la Révolution) est une base de données internationalement reconnue, recensant les textes dramatiques, leurs différentes éditions et mises en scène, les lieux et les personnalités du monde du spectacle (auteurs, acteurs, scénographes, troupes, éditeurs, etc.).
Cette recherche fédère des équipes de plusieurs universités françaises (Paris 3 - Sorbonne Nouvelle, Amiens - UPJV, Toulouse - Jean-Jaurès), et a pour partenaire institutionnel privilégié la Cinémathèque française.
 
Collimateur, c’est à la fois : 

Une histoire 

Émergeant avec l’introduction des études cinématographiques à l’Université au début des années 1970, l’analyse esthétique des films s’est ensuite transformée, apparaissant jusqu’à aujourd’hui sous des formes plurielles, disparates, par ailleurs disséminées dans des lieux divers (revues spécialisées ou non, ouvrages, mémoires et thèses mais aussi documentaires, conférences filmées consacrées à des films…). Après une cinquantaine d’années de pratiques multiples, il semble nécessaire d’en faire l’archéologie, en en traçant les grandes lignes de force, et ainsi réintroduire de la cohérence dans « un système de dispersion » (Michel Foucault).

Si l’ambition, à terme, est de mener un programme de recherche au long cours (l’histoire de l’analyse sur cinq décennies), l’équipe se consacre actuellement aux seules années 1980 – décennie où l’analyse filmique se démarque progressivement de l’approche sémiologique.

Une réflexion épistémologique

Dépouillant systématiquement tout ouvrage et toute revue de cinéma (et certaines hors de ce périmètre) de langue française parus pendant cette période, les participants au projet constituent un corpus inédit et procèdent à l’analyse des discours, afin de cerner les définitions plurielles de l’analyse esthétique du film. Le repérage s’étendra dans un deuxième temps aux documents audiovisuels.

Des séminaires

Cette double entreprise d’histoire et de réflexion analytique est ponctuée de séminaires croisés :

Séminaire « Histoire et historiographie de l’analyse esthétique de films » 

Trois séances annuelles, à Grenoble (Maison de la Création et de l’Innovation), Paris (Maison de la Recherche, Paris 3) et Amiens (Université de Picardie Jules-Verne, UFR des Arts). 
Les membres de l’équipe font le point sur les textes lus et retenus. La confrontation des points de vue permet de distinguer les différentes formes, d’en montrer parfois le caractère hybride, et d’en esquisser progressivement une histoire.

Séminaire « Analyses d’analyses »

Trois séances annuelles, à Grenoble (Maison de la Création et de l’Innovation, campus universitaire), Paris (Cinémathèque française) et Amiens (Université de Picardie Jules-Verne, UFR des Arts).
Deux invités (universitaires, critiques…) par séance présentent un texte méconnu. 

Une base de données 

« Anna-Lise » est un outil participatif et inédit conçu en collaboration avec l’équipe d’ingénierie informatique ELAN. Actuellement en phase de tests, elle permettra de divulguer un corpus susceptible d’intéresser un public de chercheurs, de pédagogues et d’étudiants en donnant accès à : 
  • une bibliographie raisonnée et organisée des analyses de films. Qui sera suivie, à terme, d’une filmographie (documentaires sur des films, ou tout type de document audiovisuel témoignant d’une forme d’analyse esthétique) ;
  • une anthologie de textes directement accessibles (et indexés sur un référencement inédit, par motifs, procédés techniques…), ainsi qu’à des commentaires de ces textes menés par des spécialistes ;
  • un outil de veille sur l’actualité de l’analyse filmique ;
  • un lieu de publication : réflexions sur l’analyse, études de cas, mais également des analyses inédites ;
  • un lieu de production de films d’analyse.

Participants

  • Litt&Arts : Guillaume Bourgois, Pierre Jailloux, Martial Pisani, Jean-Baptiste Renault, Vincent Sorrel
  • IRCAV (Sorbonne Nouvelle) : Emmanuel Siety
  • PLH (Toulouse - Jean-Jaurès) : Corinne Maury
  • CRAE (Picardie Jules-Verne) : Pierre Eugène, Philippe Fauvel
  • Cinémathèque française : Laurence Lécuyer
Le programme Collimateur entend rendre visible un type de discours consacré aux films, qui, s’il innerve les recherches et l’enseignement cinématographiques, échappe non seulement à une définition claire mais aussi à une histoire qui permettrait d’appréhender sa constitution et son développement : l’analyse esthétique des films.
Les deux institutions chorégraphiques de l’agglomération grenobloise, le CCN2 (Centre Chorégraphique National) et le Pacifique, Centre de Développement Chorégraphique National, présentent la spécificité commune de développer des projets situés, fondés sur une écoute attentive de leurs territoires, ce qui les conduit à accorder une place notable aux démarches artistiques contextuelles, relationnelles et/ou partagées.
 
Le projet "Écouter le terrain : Pratiques chorégraphiques en partage" est structuré en deux axes. Le premier porte sur l’étude des chorégraphies développées et des expériences plurielles qu’elles suscitent ; le second sur l’examen du renouvellement qu’elles appellent, tant du côté des modes de création, de production et de diffusion mis en œuvre au sein des institutions, que de celui des méthodologies déployées par les chercheurs qui les analysent.
 
Porté conjointement par des chercheur·se·s de Litt&Arts, sous l'impulsion de G. Schiller et S. Ruset, le CCN2 (dir. Rachid Ouramdane et Yoann Bourgeois) et le Pacifique (dir. Marie Roche), le projet vise quatre objectifs :
  1.  Organiser dans la durée une observation multimodale des projets développés par le CCN2 et le Pacifique : systématisation des suivis de création, articulation d’observations participantes et non participantes, mise en place de résidences de recherche-création ;
  2.  Créer un espace de dialogue entre professionnels du monde de la danse et chercheurs autour des créations contextuelles, relationnelles et partagées, qui occupent une place croissante au sein des programmations des institutions de spectacle vivant ;
  3. Recueillir des paroles et créer une radio de la recherche consacrée à ces projets, avec l’ambition de valoriser la diversité des points de vue / points de paroles (chorégraphes, interprètes, producteurs, publics, etc.)
  4. Analyser les données collectées dans des publications

Chantiers en cours

  • Suivi de création de En jumelle, « projet pour communes et paysages jumelés » de Laurent Pichaud (CCN2)
  • Suivi de création de Une danse ancienne de Rémy Héritier (Le Pacifique)
  • Suivi du projet itinérant de performance collective de Yaïr Barelli (Le Pacifique, en collaboration avec Art Danse, CDCN de Dijon).
  • Journée d’étude, le corps et les parcours audioguidés, invitation CIE Curious Angleterre.
  • Falling into place, installation de G.Schiller (en traduction)

Financeurs

  • CCN2 – Centre Chorégraphique National de Grenoble
  • Le Pacifique, Centre de Développement Chorégraphique National
  • Ministère de la Culture
 
https://zimbra.univ-grenoble-alpes.fr/service/home/~/?auth=co&loc=fr&id=10157&part=1.2.2
 
  • Idex CDP Performance Lab
 
 
 

Partenaires (institutions, collègues, France et international…)

  • CCN2 – Centre Chorégraphique National de Grenoble
  • Le Pacifique, Centre de Développement Chorégraphique National
  • Idex CDP Performance Lab
  • SFR Création (OPSIS, ECLAIR)
  • Association des chercheurs en danse 
Projet pluriannuel de documentation, expérimentation, réflexion autour des démarches contextuelles, relationnelles et/ou partagées portées par le CCN2 et le Pacifique.
Composée d'anciens ateliers d'artisans, ce lieu a une portée esthétique qui véhicule un imaginaire : celui d’une petite fabrique du cinéma, visible et située au cœur d’une ville, imaginaire auquel a été sensible Jean-Luc Godard quand il s’est installé, avec sa société Sonimage, à Grenoble et qu’il passe commande à l’industriel d’un prototype de caméra qui serait adaptée à sa main. Cette figure de « L’usine à films » qu’a été Aäton à Grenoble nous semble être une entrée originale pour interroger les traces sensibles d’une des dernières usines de caméras mécaniques au monde comme point de départ d’une réflexion sur le cinéma, sur les relations entre fabricants et cinéastes, et sur les rapports entre les outils et les films.

Communications à venir

Une communication pour le workshop international Beyond Creative Cities: People, Places, Innovation. Le colloque, qui aura lieu à Nantes les 1 et 2 avril 2021, a pour objectif de réunir des chercheurs, des professionnels et des organisations publiques et privées et d’aborder les questions des modèles d’innovation, des relations entre activités artistiques et technologies digitales, de l’innovation territoriale et de la fabrique de la ville.

Publications à venir

Vincent Sorrel, « S’endormir tout contre la caméra et rêver », à paraître en 2021 dans Vincent Deville et Rodolphe Olcèse L’art tout contre la machine, aux éditions Hermann.
 
Le Cahier Louis Lumière consacre son prochain numéro à l’Histoire de la société Aaton, et dans lequel nous avons publié plusieurs articles sur nos recherches en cours :
- Vincent Sorrel, « Adieu la caméra. La 8-35 et les nuages de Passion », Cahier Louis Lumière, n°15, mars 2021.
- Vanessa Nicolazic et Vincent Sorrel, « De la 8-35 à l’Aaton 35 », Cahier Louis Lumière, n°15, mars 2021.
- Vanessa Nicolazic, « Voir le temps, le marquage en clair selon Aaton », Cahier Louis Lumière, n°15, mars 2021.
- Thomas Godefroy, « Jean-Pierre Beauviala dans les Cahiers du cinéma : récit de l'inventeur », Cahier Louis Lumière, n°15, mars 2021.
- Nicolas Tixier et Vincent Sorrel, « présentation du projet de recherche L’usine à films. Beauviala architecte », Cahier Louis Lumière, n°15, mars 2021.

Trois témoignages

- Bruno Carrière, « Le voyage des heureux hasards », Cahier Louis Lumière, n°15, mars 2021.
- Valentina Miraglia, « Une Aätonniène à Grenoble », Cahier Louis Lumière, n°15, mars 2021.
- Eric Hurtado, « Non pas filmer mais chanter avec une caméra », Cahier Louis Lumière, n°15, mars 2021.
- Vincent Sorrel, « Autour de l’intelligence d’une pièce. Rencontre avec Pierre Michoud et Eric Hurtado », Cahier Louis Lumière, n°15, mars 2021.

Publication 2020

- Vincent Sorrel, L’instant fatal où la lame se brise, dans Gilles Mouëllic et Antoine de Baecque, Godard/Machines, éditions Yellow Now, 2020
Ce projet prend pour objet de recherche un lieu de fabrication d’outils pour le cinéma, l’usine Aaton et son inscription urbaine autour d’une rue du centre-ville ancien de Grenoble.
Conçu comme une plateforme internationale, le projet Performance Lab (IDEX CDP) fédère une communauté de chercheurs autour de problématiques contemporaines reliant corps, société et technologie.

L’ambition du projet est également de renouveler la manière dont la recherche est conçue et pratiquée au sein de l’Université Grenoble Alpes en développant de nouvelles méthodologies en référence aux modèles anglo-saxons de « Performance as Research » (PAR), recherche-création, création-expérimentation et recherche-action.

L’objectif de la communauté est de conduire des recherches de pointe dans les domaines de la performance, de la documentation numérique, d’outils de lecture du corps en mouvement ainsi que du patrimoine matériel et immatériel. Les étroites collaborations qui seront mises en place avec les partenaires associatifs et culturels locaux ainsi que le milieu artistique professionnel à l’échelle nationale et internationale permettront par ailleurs d’aboutir à la création d’outils d’analyse et de documentation qui soient transposables dans les domaines des arts de la scène et des sciences sociales.
Marion Guyez propose d’étudier, en articulant les approches pratiques et théoriques de la création et en réunissant artistes et chercheurs, l’itinéraire sensible des corps renversés.

S’appliquer à poser délicatement les deux mains sur le sol, ajuster l’alignement des doigts et les tendre, sentir la qualité de la matière du sol sous la surface des paumes de main, aligner les épaules au-dessus des poignets, inspirer par le nez, pousser dans les jambes et stabiliser le corps renversé au-dessus des membres antérieurs…

Les trois « mouvements » – CorrespondancesEndurance et Écrire les (des)équilibres – attachés aux écritures acrobatiques autour desquels ce projet s’articule permettront de traverser la poétique des (des)équilibres, de la fabrique des corps à l’imaginaire que mobilise cette posture dont les déclinaisons traversent la création acrobatique contemporaine.

Ce projet donne lieu à des restitutions publiques d'atelier et de journées de recherche sous la forme d’un séminaire de recherche-création : Endurance #1 (5 juin 2019), Endurance #2 (4 décembre 2019) et Endurance #3 (26 février 2020).

« Poétiques des (dés)équilibres » a été retenu dans le cadre de l’appel à projet « SFR Création » 2019. Il est porté en partenariat avec le Centre national des arts du cirque de Châlons-en-Champagne et La Grainerie – fabrique des arts du cirque et de l'itinérance.
« Poétiques des (dés)équilibres » est un projet de recherche consacré aux processus de création du cirque contemporain liés à la pratique des équilibres sur les mains.
Mis à jour le 3 mai 2021