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Séminaire

Identifications et solidarité féminines (Staël, Charrière et Wollstonecraft)

Séminaire Centre CHARNIÈRES, Recherche, “Je” pluriels, “je” hybrides Le 5 mai 2026
Complément date

18h00 - 19h30

À distance, Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Bâtiment Stendhal
Salle C307 (aile C, 3e étage)

Séminaire du centre Charnières : « “Je” pluriels, “je” hybrides (XVIIIe siècle - premier XXe siècle) » – séance 6
Intervention de Johanna Lenne-Cornuez (université Jean Moulin Lyon 3)

L'exposé de Johanna Lenne-Cornuez s’intéressera à la forme politique que peut prendre la solidarité féminine à la fin du XVIIIe siècle, en analysant certains textes de Staël, Charrière et Wollstonecraft qui font surgir un « nous » que l’on peut qualifier de féministe, en ce qu’il manifeste les injustices que subit la classe des femmes (« le sexe »). La compassion et l’indignation sont des ressorts centraux de cette élévation de la voix d’une femme, qui parle au nom d’autres femmes, si ce n’est au nom des femmes, et qui « ose » s’insurger contre leurs droits bafoués et le sort qui leur est réservé. Ce « nous » solidaire se constitue notamment face un « nous » masculin, qui n’a paradoxalement pas besoin de s’énoncer comme tel, parce qu’il est omniprésent et que sa prise de parole se conçoit immédiatement comme légitime. Parce que les œuvres de Staël, Charrière et Wollstonecraft ont en commun un dialogue critique avec l’héritage rousseauiste, J. Lenne-Cornuez commencera par revenir à ce « nous » masculin tel qu’il fait irruption dans l’Émile de Rousseau. Dans un deuxième temps, la comparaison des formes d’engagement public de Staël et de Charrière lui permettra de montrer l’indissociabilité entre la réflexion sur la condition féminine et celle sur la condition sociale. L’énonciation de soi, la revendication d’une solidarité impartiale, l’engagement dans une cause féministe et la constitution d’un sujet collectif féminin par l’expression de sa solidarité sont les aspects remarquables qui justifient le rapprochement de certains textes de ces autrices, mais font aussi émerger ce qui les sépare dans les rapports d’inclusion et d’exclusion que les identifications féminines impliquent, traversées par la question sociale. Enfin, J. Lenne-Cornuez reviendra sur les tensions à l’œuvre dans la défense des droits des femmes chez Wollstonecraft, entre politisation du sujet féminin et mise à distance de certaines formes de féminité.  

Johanna Lenne-Cornuez est maîtresse de conférences en philosophie morale et éthique appliquée à l’université Jean Moulin Lyon 3 et membre de l'Institut de Recherches Philosophiques de Lyon (IRPHIL). Spécialiste de Rousseau, elle a notamment publié Être à sa place. La formation du sujet dans la philosophie morale de Rousseau (Classiques Garnier, 2021). Elle a également écrit plusieurs articles sur son héritage contrasté chez des autrices de la fin du XVIIIe comme Staël, Gouges, ou Wollstonecraft. Ses recherches actuelles portent sur les philosophies féministes, à partir des théories du consentement, ainsi que sur la question de la lutte contre l'impunité des violences fondées sur le genre.

En pratique

La participation en présence est privilégiée, mais un lien pour suivre les séances en visioconférence peut être demandé à jean-christophe.igalensatuniv-grenoble-alpes.fr (Jean-Christophe Igalens).

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Contact

jean-christophe.igalensatuniv-grenoble-alpes.fr (Jean-Christophe Igalens)

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Bien apprendre l’accent latin du IXe au XIIe siècle

Séminaire Doctorants et doctorantes, MAiGRE, Recherche Le 21 avril 2026
Complément date

17h30 - 19h30

À distance, Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Bâtiment Stendhal
Salle C307

Séminaire MAiGRE (Moyen Âge interdisciplinaire à Grenoble) – séance 5
Intervention d'Angela Cossu, maîtresse de conférences en langue et littérature latines (Litt&Arts, UGA)

Comment savoir au Moyen Âge où tombe l’accent sur un mot latin ? Pour les élèves et les maîtres, la question n’avait rien d’évident : le latin n’était plus une langue vivante et les repères naturels de prononciation s’étaient progressivement effacés depuis l’Antiquité tardive. Or, la maîtrise de l’accentuation ne relevait pas seulement de la performance orale : il s’agissait d’une condition essentielle pour comprendre les textes, les lire à haute voix et surtout composer des vers corrects.

Face à cette difficulté, les maîtres médiévaux développèrent des méthodes pragmatiques. Plutôt que de s’en remettre exclusivement à des règles abstraites héritées de la tradition grammaticale antique, ils élaborèrent des recueils de vers sélectionnés et ordonnés à des fins didactiques. Ces ensembles, les florilèges prosodiques, offraient aux élèves un corpus d’exemples permettant d’observer, de mémoriser et d’intérioriser les schémas de scansion prosodique du latin.

Ces compilations, diffusées et adaptées dans les milieux scolaires à partir du haut Moyen Âge, témoignent d’un enseignement fondé sur la pratique et la mémoire. Elles mettent également en lumière la fonction structurante de la poésie dans la formation linguistique : apprendre le latin, c’était d’abord apprendre à en entendre et à en reproduire la musicalité. En suivant la trace de ces outils pédagogiques jusqu’au XIIe siècle, nous verrons ainsi se dessiner un réseau dynamique de transmission des textes et des savoirs, où la tradition antique est sans cesse réinterprétée pour répondre aux besoins de l’école médiévale.

En pratique

La séance est organisée en présentiel et en distanciel : lien Zoom (code : 724290).

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Contacts

jeanne.mousnier-lompreatuniv-grenoble-alpes.fr (Jeanne Mousnier-Lompré)
gt-maigreatuniv-grenoble-alpes.fr (Comité d'organisation)

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Jeune recherche en imaginaire

Séminaire Centre ISA, Le sensible dans la recherche aujourd’hui Le 30 avril 2026
Complément date

10h00 - 13h00

À distance, Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Bâtiment Stendhal
Salle des Actes (aile Z, RdC)

Séminaire du centre ISA : “Le sensible dans la recherche aujourd’hui” – séance 5

Les étudiant·es du Master 2 ALC (Arts, Lettres, Civilisations) affilié·es à ISA présenteront la place et le rôle du concept d’imaginaire dans leurs travaux de recherche personnels.

En pratique

La séance est organisée en présentiel et en distanciel : 
Lien Zoom
– ID de réunion : 962 8655 7960
– Code secret : 067300

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Contacts

chloe.dudoignonatuniv-grenoble-alpes.fr (Chloé Dudoignon)
Isabelle.Krzywkowskiatuniv-grenoble-alpes.fr (Isabelle Krzywkowski)
thibaut.neveuatuniv-grenoble-alpes.fr (Thibault Neveu)
solanellaatgmail.com (Anne-Lise Solanilla)
mariam.veliashviliatuniv-grenoble-alpes.fr (Mariam Veliashvili)

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Enquête sur une aïeule : documenter l'assignation à la “folie” féminine

Séminaire Centre É.CRI.RE, Séminaire ÉCRIRE Le 6 mai 2026
Complément date

13h30 - 15h30

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Médiat Rhône-Alpes
Salle de conférence

Séminaire du centre É.CRI.RE – séance 3
Discussion collective autour du roman d'Adèle Yon (chercheuse en études cinématographiques et cheffe de cuisine)

Cette séance sera animée par Agathe Salha.

Dans un roman qui a connu un très vif succès, Mon vrai nom est Elisabeth, Adèle Yon fait le récit d'une aïeule internée de force par son mari puis lobotomisée. Ce récit publié aux Éditions du sous-sol, dirigées par Adrien Bosc, s'inscrit dans le sillon de la recherche/création, puisqu'il vient conclure une recherche doctorale menée sous la co-direction d'Antoine de Baecque, d'Antonio Somaini et d'Olivia Rosenthal. 

Mêlant l'intime et le politique, le récit individuel d'une enquête et le montage d'archives, Adèle Yon travaille à constituer progressivement une communauté féminine, qui est aussi une communauté d'indignation et de colère. À la confluence d'une recherche documentée sur les internements de force et d'une réflexion sur le double au cinéma, ce roman essaye de rendre le visage et de faire entendre la voix occultée d'une aïeule, à partir d'archives médicales et de pièces familiales.

Normalienne, Adèle Yon mène une thèse de recherche-création dans le laboratoire SACRe, en études cinématographiques : le roman Mon vrai nom est Elisabeth est issu de cette recherche doctorale. Par ailleurs, elle travaille dans la Sarthe comme cheffe de cuisine. 

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Contacts

laurent.demanzeatuniv-grenoble-alpes.fr (Laurent Demanze)
maud.lecacheuratuniv-grenoble-alpes.fr (Maud Lecacheur)

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Écoutes plurielles : Les imagin’Я linguistiques de Nurith Aviv

Séminaire Centre CINESTHEA, Pourparlers, Recherche Le 16 avril 2026
Complément date

16h15 - 18h30

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Maison de la Création et de l'Innovation (MaCI)
339 av. Centrale
Salle de cinéma - Sonimage (2e étage)

Séminaire du centre CINESTHEA : “Pourparlers” – séance 6
Dialogue avec Nurith Aviv (cinéaste et directrice de la photographie) organisé par Claire Allouche, maîtresse de conférences en Études cinématographiques (Litt&Arts, UGA) et Violaine Bigot, professeure en Sciences du langage (LIDILEM, UGA)

Série « Écoutes plurielles » proposée par Claire Allouche 

Dans son récent ouvrage Libertés d’écoute. Le son, véhicule de la relation, l’ingénieur du son et chercheur Daniel Deshays réfléchit à ce que serait une « écoute collective », autant dans l’appréciation d’œuvres artistiques que de bruissements de notre environnement. Il expose que, par nature, « une écoute n’est pas une lecture continue et linéaire mais une collection d’écoutes assemblées en discontinuité ». Cette nouvelle série du séminaire Pourparlers sera l’occasion de travailler ensemble à entendre du mieux que nous pouvons, en privilégiant les échos à l’unisson. Pour cela, nous porterons notre attention sur des œuvres contemporaines (cinématographiques, littéraires, sonores…) qui mettent nos ouïes à l’épreuve. En dialoguant chaque fois avec un·e spécialiste d’une discipline et/ou un·e artiste, nous questionnerons ce qu’une écoute active et consciente peut produire de formes esthétiques originales, mais aussi ce qu’elle engage de transformation de nos dispositions de réception. En ce sens, chaque séance donnera lieu à un moment d’écoute commune d’une œuvre singulière, selon une modalité particulière. 

La première séance, co-organisée avec Violaine Bigot (LIDILEM), prendra la forme d’un échange avec la cinéaste et directrice de la photographie Nurith Aviv.

Les imagin’Я linguistiques de Nurith Aviv : projection et dialogue avec Nurith Aviv autour de son documentaire Lettre errante 

Cette séance se déroulera en deux temps : 
— 16h15 : projection de Lettre Errante (2023) en accès libre
— 17h00 - 18h30 : conversation avec Nurith Aviv  

Depuis D’une langue à l’autre (2004), où se relaient les réflexions à haute voix sur l’histoire de l’hébreu, à Prénoms (2026), où elle rend visite à ses ami·es, qui se racontent à travers leurs prénoms, la cinéaste Nurith Aviv a bâti une filmographie unique autour de la multiplicité des langues et des histoires socio-politiques qu’elles charrient. 

Dans son avant-dernier long métrage, Lettre Errante (2024), Nurith Aviv s’intéresse à la traîtresse lettre « r ». Sa prononciation varie d’une langue à l’autre mais aussi à « l’intérieur » d’une même langue (variétés régionales, sociales…), de telle sorte qu’elle démasque les locuteurs translingues. Pour ce film, Nurith Aviv est allée à la rencontre de six personnes, dont les profils varient notamment par leurs répertoires langagiers (japonais, créole haïtien, russe, hébreu, suédois, persan…) et par leur activité professionnelle (enseignement, écriture, dramaturgie, traduction, psychothérapie…). Au-delà de cette diversité, chacun·e témoigne de la place particulière que le phonème R a occupé dans son imaginaire linguistique et dans ses constructions identitaires.

La projection de Lettre Errante (entrée libre), sera suivie d’un dialogue avec Nurith Aviv sur l’écoute polyglotte qui fait naître et que fait naître son œuvre. Comment la cinéaste parvient-elle à mettre les personnes filmées à l’écoute de leur propre parcours plurilingue ? Quelles écoutes ont précédé celles des séquences conservées au montage ? Comment Nurith Aviv prépare-t-elle les personnes filmées à construire des récits puisés dans leur biographie langagière, face caméra, alors qu’elle n’est parfois pas locutrice de leur langue ? Pour Lettre Errante, d’une rencontre filmée à l’autre, comment a évolué la perception de la cinéaste vis-à-vis du R ? En quoi l’évolution de cette écoute a-t-elle guidé le montage pour donner forme au film dans sa puissance polyphonique ?

À la suite du séminaire, le jeudi 16 avril à 20h30, aura lieu une projection de Prénoms, dernier film en date de Nurith Aviv, au cinéma Le Club (9 bis rue du Phalanstère, 38000 Grenoble). 
La séance sera introduite par la cinéaste et suivie d’un débat. 
Le film a été présenté au Forum de la Berlinale en février 2026 et est encore inédit à Grenoble.

Cette séance de « Pourparlers » est organisée avec le soutien financier de l’UFR LLASIC (département des Arts du spectacle, Master Création artistique (parcours Études cinématographiques) et le département des Sciences du langage (Master Parcours linguistique).

Plan du film "Lettre Errante"
© Lettre Errante, documentaire de Nurith Aviv, 2024

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fabienne.costaatuniv-grenoble-alpes.fr (Fabienne Costa)

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Couleurs nature : au fil des saisons / histoires de livres

Séminaire Centre LITEXTRA, Recherche, Territoires et frontières en littérature de jeunesse Le 27 mars 2026
Complément date

14h00 - 16h00

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Maison de la Création et de l'Innovation (MaCI)
339 av. Centrale
Salle 137

Cette conférence de l'artiste Ianna Andreadis s'inscrit dans le cadre du séminaire inter-laboratoires “Territoires et frontières en littérature de jeunesse” co-organisé par ILCEA4 et Litt&Arts.

À l'occasion de cette conférence, l'artiste Ianna Andreadis, dessinatrice et photographe (entre autres) évoquera son parcours d'autrice d'albums et d'imagiers, circulant entre les techniques artistiques, les thématiques et les cultures. 

La conférence sera suivie d'un temps d'échange avec le public.

Le séminaire inter-laboratoires “Territoires et frontières en littérature de jeunesse” regroupe des chercheurs et chercheuses d'ILCEA4 et de Litt&Arts autour des questions de territorialités et de limites dans la littérature de jeunesse française et internationale.

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natacha.rimasson-fertinatuniv-grenoble-alpes.fr (Natacha Rimasson-Fertin)

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Partenaire

Du “je” textuel au “je” plateformisé : subjectivité distribuée dans l’autofiction russophone

Séminaire Centre CHARNIÈRES, Recherche, “Je” pluriels, “je” hybrides Le 14 avril 2026
Complément date

17h30 - 19h30

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Maison des Langues et des Cultures
Salle des Conseils

Séminaire du centre Charnières : « “Je” pluriels, “je” hybrides (XVIIIe siècle - premier XXe siècle) » – séance 5
Intervention de Larissa Muraveva (chercheuse invitée à l'UMR Litt&Arts, programme PAUSE)

L’autofiction, longtemps définie comme une pratique narrative située à la frontière du réel et du fictif, connaît aujourd’hui d’importantes reconfigurations. Les écritures autofictionnelles contemporaines tendent à déplacer leurs cadres conventionnels : sur le plan référentiel, elles revendiquent une intensification de l’authenticité et de l’expérience vécue ; sur le plan formel, elles empruntent de plus en plus aux dispositifs narratifs associés aux récits du trauma ; sur le plan pragmatique enfin, elles s’inscrivent dans des pratiques discursives fortement politisées. Toutefois, l’un des facteurs majeurs de ces transformations réside dans l’influence des nouveaux médias. Dans l’environnement numérique, les frontières de l’autofiction s’élargissent progressivement : le récit de soi se construit désormais non seulement dans le texte littéraire, mais aussi dans un réseau de pratiques médiatiques qui accompagnent sa production et sa circulation.

Dans ce contexte, l’autofiction russophone présente un intérêt particulier. Apparue relativement récemment, elle s’est néanmoins imposée comme l’un des genres marquants de la littérature contemporaine. Son développement rapide s’est accompagné de la formation d’une communauté d’écrivain.es. Celle-ci s’est constituée à la fin des années 2010 autour d’écoles d’écriture créative et fonctionne comme une forme de contre-public (Nancy Fraser) par rapport au champ littéraire dominant. Cette communauté se développe principalement dans l’environnement numérique, notamment sur Telegram, à travers un ensemble de chaînes et de discussions collectives. Elle crée ainsi un espace alternatif d’expression pour des thématiques et des expériences souvent marginalisées dans le discours littéraire officiel.

Cette communication propose d’examiner la communauté d’écriture russophone WLAG (Write Like a Grrrl) comme un exemple de ces transformations de l’autofiction. Fondée comme une école d’écriture, inspirée du modèle de l’école anglophone de creative writing du même nom, WLAG s’est progressivement transformée, au cours des dernières années, en une véritable infrastructure au sein de laquelle se construit une nouvelle conception de l’auteur.

Larissa Muraveva montrera que, dans ce contexte, le « je » autofictionnel émerge non seulement dans les textes littéraires, mais aussi dans un réseau distribué de traces médiatiques numériques, incluant ce que José van Dijck désigne comme le « platformed self » (le « je » plateformisé). Ces pratiques constituent une infrastructure de visibilité et de reconnaissance qui permet aux auteur·es d’apparaître et de se positionner dans le champ littéraire.

L’analyse portera sur un corpus de publications issues de la chaîne Telegram de la communauté WLAG ainsi que sur les chaînes personnelles de ses principales acteurs et actrices (2020–2026), permettant d’observer la dynamique de la subjectivité auctoriale dans l’environnement numérique. Un second temps de l’étude proposera une analyse comparative entre les textes littéraires publiés par ces autrices et les contenus de leurs chaînes Telegram personnelles.

La communication propose ainsi d’envisager l’autofiction non seulement comme une forme textuelle, mais comme une pratique médiatique distribuée, dans laquelle l’identité auctoriale se construit à l’intersection du texte et de la plateforme. Il sera montré que cette infrastructure produit d’abord une forme distribuée de subjectivité, soutenue par des pratiques collectives d’écriture au sein de la communauté, avant de favoriser une autonomisation progressive des écrivaines à mesure que leur visibilité et leur activité éditoriale augmentent.

Larissa Muraveva* (Ph.D., Moscou, 2017) est devenue maîtresse de conférences à l’Université d’État de Saint-Pétersbourg en 2018, où elle a enseigné jusqu’en 2022. Elle est actuellement chercheuse invitée à l'UMR Litt&Arts (programme PAUSE) et enseigne dans le cadre du projet Smolny Beyond Borders: A Liberal Arts Initiative, destiné aux étudiant·es en exil. Elle est auteure de plus de cinquante publications en russe, anglais et français. Ses domaines de recherche incluent la narratologie, l’autofiction, la théorie des médias et les trauma studies. Ses articles et travaux sont parus notamment dans Novoïe Literatournoïe Obozrenie (NLO), Diegesis et chez De Gruyter. Elle est également écrivaine, auteure du livre Écrit à Berlin-Ouest [Napisano v Zapadnom Berline] (shell(f), 2025). Son ouvrage Autofiction: Narrating the Sensitive est paru chez De Gruyter (2026).

* Variantes de translittération : Muraveva, Muravieva, Murav'eva, Mouravieva.

Sélection de publications

Livres et ouvrages
– Muraveva, Larissa. Autofiction: Narrating the Sensitive, Berlin, Walter de Gruyter, 2026.
– Muraveva, Larissa. Écrit à Berlin-Ouest [Napisano v Zapadnom Berline], Belgrade, shell(f) publishing, 2025. (En russe).
Articles
– Muraveva, Larissa. « Poétique d’opacité et limites de l’énactivisme : ‘En mémoire de la mémoire’ de Maria Stepanova », dans S. Amorim, I. Heineberg et S. Lani (org.), (Des)Appartenances familiales dans la contemporanéité : récits et mémoires, Bordeaux, PUB/Un@, 2026, p. 106-114 (à paraître).
– Muraveva, Larissa. « L’autofiction russophone en exil : de l’identité fluide à l’expansion générique », dans S. Chassaing (éd.), « Écrire sous Poutine : retour sur 25 ans d’histoire littéraire », Slavica Occitania, n° 63, 2026 (à paraître).
– Muraveva, Larissa. « Russian-language autofiction and cultural trauma(s) », European Journal of Life-Writing, Vol. 14, 2025.
– Muraveva, Larissa. « Autofiction on Violence: The Ethics of Storytelling and the Symbolic Role of Language », DIEGESIS 14.1, 2025.
– Muravieva, Larissa. « Is autofiction a transgressive genre? », New Literary Observer, 2025. (En russe).
– Muravieva, Larissa. « Autofiction in the hope of empathy », New Literary Observer, 2025. (En russe).
– Murav’eva, Larisa. « Mise en abyme in Russian Literature », dans P. Huhn, J. Pier et W. Schmid (éds), Handbook of Diachronic Narratology, Berlin, Walter de Gruyter, 2023. p. 528-549.

En pratique

La participation en présence est privilégiée, mais un lien pour suivre les séances en visioconférence peut être demandé à jean-christophe.igalensatuniv-grenoble-alpes.fr (Jean-Christophe Igalens).

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“Moi, te dis-je, Olympe de Gouges… ”. Entre singularité et communauté : la difficile émergence du “nous” dans l’entrée en politique d’Olympe de Gouges (1788-1790)

Séminaire Centre CHARNIÈRES, Recherche, “Je” pluriels, “je” hybrides Le 24 mars 2026
Complément date

17h30 - 19h30

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Maison des Langues et des Cultures
Salle Jacques Cartier

Séminaire du centre Charnières : « “Je” pluriels, “je” hybrides (XVIIIe siècle - premier XXe siècle) » – séance 4
Intervention de Florence Lotterie (université Paris Cité)

Dans un de ses derniers textes (Réponse à la justification de Maximilien Robespierre, novembre 1792), Gouges accentue l’agressivité de l’adresse à Robespierre par l’affirmation emphatique de la position énonciative, et la revendication d’étrangeté qui s’y attache : « C’est moi, moi, Maximilien, qui suis l’auteur de ton Pronostic ; moi, te dis-je, Olympe de Gouges, plus homme que femme. » Dans cette dramatisation de la première personne, celle qui parle évacue son sexe pour styliser un face à face d’homme à homme, un duel viril, où l’objet du discours semble devenu cette performance elle-même, bien qu’elle demeure inscrite dans la temporalité d’un statut d’auteur (« je » parle aussi depuis le texte antécédent du Pronostic). La scène s’est vidée des autres ; le « je » y est seul devant le puissant du jour. 

Mais au moment où Gouges entre sur la scène politique, entre l’inaugurale Lettre au peuple (fin septembre 1788) et le salut à la Fête de la Fédération (Bouquet national dédié à Henri IV, juillet 1790), n’est-ce pas l’enthousiasme d’une appartenance à la nouvelle Nation en cours d’institution de soi qui gouverne ses écrits ? On verra pourtant que l’ethos de l’écrivain patriote reste contrarié, autant qu’il s’y fonde, par une exigence de reconnaissance qui négocie depuis ses stratégies d’adresse (au « peuple », au « public », aux souverains, aux princes, aux « États généraux »…) des scénarios compensatoires où le « je » s’implique moins dans un « nous » qu’il ne se singularise sur une scène à trois actants : l’auteur en surplomb, le destinataire, ceux au nom desquels on parle. Qu’est-ce qui se joue dans cette façon d’investir les intérêts de la communauté, tout en marquant si peu qu’on en est ?

Florence Lotterie est professeur de littérature française du XVIIIe siècle à l’université Paris Cité. Ses recherches portent notamment sur le roman, la période révolutionnaire et les questions de genre. Elle prépare actuellement une biographie d’Olympe de Gouges (Flammarion) et anime une équipe qui travaille à la publication de ses Œuvres complètes, prévues chez Bouquins Éditions.

En pratique

La participation en présence est privilégiée, mais un lien pour suivre les séances en visioconférence peut être demandé à jean-christophe.igalensatuniv-grenoble-alpes.fr (Jean-Christophe Igalens).

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jean-christophe.igalensatuniv-grenoble-alpes.fr (Jean-Christophe Igalens)

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Une anthropologie des “modes d’attention somatiques” : méthodes et enjeux

Séminaire Centre ISA, Le sensible dans la recherche aujourd’hui Le 26 mars 2026
Complément date

10h30 - 12h30

À distance, Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Bâtiment Stendhal
Salle des Actes (aile Z, RdC)

Séminaire du centre ISA : “Le sensible dans la recherche aujourd’hui” – séance 4
Intervention de Martin Givors, maître de conférences en arts de la scène et spécialiste en anthropologie du corps (UGA, Litt&Arts)

Après avoir posé quelques jalons théoriques permettant d’identifier les caractéristiques de l’étude anthropologique du sensible, et ce notamment à travers le concept de « mode d’attention somatique » développé par Thomas Csordas, Martin Givors abordera les problématiques méthodologiques et les enjeux théoriques propres au déploiement d’une telle approche dans les champs de la danse contemporaine et des arts chinois du corps. En s'appuyant sur des descriptions ethnographiques et des captations vidéo réalisées lors d’enquêtes de terrain, il s'intéressera plus spécifiquement aux écologies relationnelles que révèlent l’étude du sensible, aux modalités de leur instauration et à leur perdurance dans le temps.

Référence bibliographique : Csordas Thomas, « Somatic modes of attention », Cultural Anthropology, vol. 8 (2), 1993, p. 135-156.

En pratique

La séance est organisée en présentiel et en distanciel : 
Lien Zoom
– ID de réunion : 974 7019 7248
– Code secret : 088464

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Isabelle.Krzywkowskiatuniv-grenoble-alpes.fr (Isabelle Krzywkowski)
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solanellaatgmail.com (Anne-Lise Solanilla)
mariam.veliashviliatuniv-grenoble-alpes.fr (Mariam Veliashvili)

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Quelle place pour les œuvres dans la sociologie de la communauté ? Vers une socio-anthropologie politique de la communauté

Séminaire Axe 3, Centre ISA, Imaginaire & Société Le 24 mars 2026
Complément date

14h00 - 18h00

Saint-Martin-d'Hères - Domaine universitaire

Complément lieu

Maison des Langues et des Cultures
1141 rue des Universités
Salle Jacques Cartier

Séminaire du centre ISA/axe 3 : “Imaginaire & Société : Émotion, Perception, Créativité” – séance 5
Conférence d’Anthony Youssef (Université Grenoble Alpes, UMR Litt&Arts)

Dans le contexte d’une société hypermoderne marquée par la défiance institutionnelle et la prolifération de récits concurrents, cette recherche interroge la manière dont la production et la circulation de récits collectifs (autoscopies collectives écrites, orales et numériques) participent à la structuration, voire à la fragmentation, des communautés contemporaines, en ligne ou non.

Cette démarche s’inscrit dans une volonté de croiser deux champs de recherche dont l’articulation est encore largement inexplorée : celui des community studies, issues du monde anglo-saxon, et celui de l’analyse de l’hypermodernité telle que formulée notamment par Lipovetsky ou Aubert. Articulation encore peu explorée, en particulier dans la littérature académique francophone. Les recherches en community studies s’ancrent généralement dans des contextes sociologiques anglo-saxons, où la notion de communauté est pensée à travers ses dimensions relationnelles, territoriales ou symboliques.

Or, dans le contexte hypermoderne caractérisé par l’instabilité des repères, la dissolution des institutions de sens traditionnelles et la montée des logiques de subjectivation individualisée, il semble crucial de repenser la manière dont les communautés numériques, symboliques ou identitaires, se forment et se reconnaissent à travers le partage de récits et de visions du monde. C’est à cette articulation que je souhaite situer mon travail.

Anthony Youssef est doctorant en sociologie à l'UMR Litt&Arts (UMR 5316) sous la direction de Florent Gaudez (UGA) et Stéphane Vibert (uOttawa). Il travaille dans le cadre de sa thèse à comprendre comment la circulation des œuvres renforce les accords idéologiques et politiques permettant le sentiment d’appartenance à une communauté de pratiques, de savoirs, ou vocationnelle. Aussi, étudiant ces circulations aussi bien sur les réseaux sociaux que territorialisées, il porte son terrain sur le bassin grenoblois.

En pratique

Séminaire public sous réserve d’inscription (places limitées) auprès de Florent.Gaudezatuniv-grenoble-alpes.fr (Florent Gaudez) – Objet du mail : « Conférence Anthony Youssef ».

La séance peut être suivie en visioconférence :
Lien Zoom
– ID de réunion : 975 2288 0044
– Code secret : 032561)

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Contacts

florent.gaudezatuniv-grenoble-alpes.fr (Florent Gaudez)

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